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[Transcription Audio] Chroniques de Motor City – Episode 2

Transcription audio Podcast Chroniques de Motor City

Suite au deuxième épisode du podcast, voici la transcription audio qui va avec pour que tous les lecteurs qui ne veulent/peuvent pas écouter l’émission. On parle de Malice At The Palace, l’énorme baston de 2004 entre les Pistons et les Pacers.

Les Chroniques de Motor City : Podcast dédié à la Culture et à l’Histoire des Detroit Pistons

Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans ce deuxième épisode des Chroniques de Motor City. Les Chroniques de Motor City, c’est votre podcast dédié à la culture et à l’Histoire des Detroit Pistons. Ensemble nous voyageons à travers le temps pour découvrir ou re-découvrir les moments qui ont compté dans la vie de notre franchise préférée, depuis sa création jusqu’à aujourd’hui. Bienvenue à bord, je suis Winston et je serais votre guide pendant ce voyage.

Alors avant de commencer ce nouvel épisode, je dois vous dire un immense merci, à vous tous ! L’épisode 1 où je racontais l’histoire de l’origine du nom des Pistons, pour ceux qui l’ont raté, et bien il a vraiment trouvé un bon écho chez vous tous et les partages sur les réseaux ont été plus nombreux que ce que j’attendais ! Alors franchement merci beaucoup !

Du coup on va continuer dans cette direction et on va revivre aujourd’hui un autre de ces moments qui ont fait la légende de la franchise. Et pour ce numéro 2, le moment que j’ai choisi, c’est Malice At The Palace, cette immense bagarre entre les Pistons et les Pacers qui date de Novembre 2004. Pour être honnête avec vous, j’étais même pas vraiment sûr de vouloir vous en parler ou en tout cas de vous en parler si vite. J’ai hésité parce qu’au départ, je me suis dit que tout avait été déjà raconté sur ce triste épisode, qui dépasse largement l’Histoire des Pistons et qui concerne plutôt toute la NBA mais en prenant le temps d’y réfléchir un peu, on va bientôt « fêter » les 15 ans de cette baston et en fait faire une piqûre de rappel ne fera finalement pas de mal.

Puisque ça fait 15 ans, ça veut dire qu’on parle d’un événement qui fait parti d’une NBA qui n’existe déjà plus aujourd’hui et en fait, une grosse majorité d’entre vous n’a finalement pas vécu en « vrai » ce fight géant. Et puis Malice At The Palace, ça a changé le destin de pas mal de joueurs, peut être des deux franchises et surtout de la NBA. Ça vaut vraiment plus que les quelques minutes mal filmées qu’on peut trouver sur Youtube
Allez direction donc la fin d’année 2004, on s’envole pour le Palace d’Auburn Hills et je préfère vous prévenir tout de suite : attention à votre tête, cet épisode va cogner.

Le duel entre Pistons et Pacers, affiche de l’Est des années 2000

Pour ce deuxième épisode des chroniques de Motor City, nous sommes le 19 novembre 2004, et on est tranquillement installé dans les gradins du Palace d’Auburn Hills, la maison des Pistons pour assister au 8ème match de la saison des Pistons, actuels champions NBA en titre. 5 mois plus tôt, les Pistons ont gagné le titre NBA après avoir battu plutôt facilement les Lakers de Shaq, Kobe, Payton et Malone. Ils ont gagné alors que franchement personne ne les voyaient favoris, en fait les journaux pensaient même qu’ils n’allaient pas prendre un un seul match.

Dans le match que nous regardons aujourd’hui, le noyau dur du groupe des Pistons est toujours là : vous les connaissez les Ben Wallace, Chauncey Billups, Rip Hamilton, Rasheed Wallace ou Tayshaun Prince. Et pour cette nouvelle saison, la saison 2004-2005 donc, les Pistons ont l’objectif de faire un back-to-back. Ils aimeraient gagner un autre titre de suite pour imiter les Bad Boys qui avaient réussi cet exploit en 89-90. Mais ça ne commence pas très bien : sans doute encore un peu en vacances, les Pistons démarrent moyennement leur saison. Avant de jouer ce match contre les Pacers, Detroit a déjà perdu 3 fois lors des 7 premières rencontres.

La venue des Pacers au Palace, ça sera l’occasion de voir si les Pistons peuvent se réveiller ou s’ils sont vraiment mal. Parce qu’en 2004, Pistons/Pacers, c’est la grosse affiche de la NBA à l’Est. La NBA entretient cette rivalité en mettant ce match si tôt dans la saison d’ailleurs. Mais après on peut les comprendre : depuis 2002, les Pistons et les Pacers se battent l’un contre l’autre, mais pas pour la tête de la Centrale Division, ils se battent pour savoir qui va dominer la Conférence Est. La saison passée, Indiana a été énorme en gagnant 61 matchs de saison mais au final c’était les Pistons qui ont été les plus fort en battant les Pacers en Finale de Conférence 4 matchs à 2. Et pour ceux qui ne l’ont pas vu, foncez voir cette série. Ça été un vrai régal dans son déroulement : les Pacers avaient d’abord pris le Game 1, puis étaient revenus à égalité 2-2 en gagnant un match à Detroit. Et finalement, Rip Hamilton s’était fâché et les Pistons l’avaient emporté 4-2. Par contre, histoire de re-contextualiser la rivalité, laissez moi vous donner les scores des matchs :

  • Game 1 : Indiana s’impose 78-74
  • Game 2 : Detroit gagne 72-67
  • Game 3 et attention orgie offensive : Detroit gagne 85-78
  • Game 4 : Indiana gagne 83-68
  • Game 5 : Detroit reprend le lead 83-65
  • Et Game 6 : les Pistons s’imposent 69-65 !

En gros, on parle d’une finale de Conférence où le plus haut total d’un vainqueur est 85 points. C’est à peu près ce qu’on a au bout de 3 quart-temps d’un match pas trop animé aujourd’hui….

On revient au match de Novembre 2004. Dès le début, les deux derniers finalistes se rentrent dedans. Vous et moi, on est dans la salle mais le reste des Américains sont devant leur télé pour regarder le match retransmis en antenne nationale. Ça devait être une grosse affiche hyper serré mais en fait finalement et…ben il n’y a pas tellement de match.
Comme prévu, les Pacers sont bien les plus chauds cette saison. Déjà ils ont sans doute envie de se venger des Pistons, et en plus Indiana a lancé sa saison à 2000 à l’heure. Si comme on l’a dit avant, si Detroit en est à 4-3 avant ce match, de son côté Indiana est déjà en tête de la Conférence avec 6 victoires pour 2 défaites. Assez vite on comprend, nous et tous les spectateurs du Palace que Detroit ne va pas tenir le coup longtemps : les Pacers mènent de 16 points à la mi-temps et si Detroit va bien nous faire espérer quelques minutes au début du troisième quart-temps, les Pacers ne lâchent rien du tout.

On vit un match bien compliqué et pour la dernière minute de ce match, Indiana est largement devant 97-82 et va donc prendre une belle revanche sur les Pistons. C’est important de le préciser mais comme on est au début des années 2000 avec deux équipes de guerriers, tout le monde est encore sur le parquet alors qu’il reste précisément 45,9 secondes à jouer.

Ben Wallace et Ron Artest allument la mèche

Rip Hamilton file le ballon à Ben Wallace poste bas qui contourne son défenseur pour aller au dunk mais le pivot des Pistons rencontre sur sa route Ron Artest, qui lui empêche l’accès au cercle avec une défense pas franchement réglementaire. Aujourd’hui on appellerait ça une agression mais en 2004, entre Ron Artest et Ben Wallace, les deux derniers défenseurs de l’année, on est face à un duel simplement très musclé.

Sauf que Big Ben, probablement frustré de la défaite à venir des Pistons sur-réagit et repousse Ron Artest très violemment les deux poings en avant. Le joueur des Pacers recule de plusieurs mètres vu la violence du coup mais Ben Wallace le suit, prêt à lui remettre la même chose. Dans un joyeux bordel, tout le monde s’interpose, encadrement et arbitres inclus, certains dans un but d’apaisement, d’autres pour foutre encore plus le feu. A ce stade de la baston, Stephen Jackson coté Pacers et Ben Wallace coté Pistons sont les plus excités du lot.

Ron Artest lui a réussi à semer la pagaille comme il le souhaitait visiblement : il s’allonge en souriant sur la table de marque et s’amuse de la situation, il prend même le micro d’un des commentateurs radio des Pacers Mark Boyle pour s’amuser. Bon le micro était hors ligne et le blabla d’Artest ne passera jamais sur les ondes mais ca vous montre un peu l’ambiance. Dans les semaines qui suivent cette Malice At The Palace, on apprendra que d’après Ben Wallace, Artest lui avait annoncé qu’il ferait cette grosse faute pour le faire dégoupiller. Le craquage de Big Ben donnait donc raison à Ron-Ron, qui pouvait du coup s’en amuser sur le banc. Après quelques secondes, les deux camps se calment tranquillement et l’incident aurait du en rester là, moins de deux minutes après le premier coup entre Big Ben et Artest.

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Sauf que le public de Detroit en a décidé autrement. Toujours assis à faire le malin sur la table de marque, Ron Artest esquive de justesse une serviette lancée par Ben Wallace. Le joueur des Pacers se lève et s’adresse à l’arbitre mais Reggie Miller, son bodyguard depuis le début, le pousse à se rallonger sur la table. Il ne pourra rien faire quand le gobelet d’un spectateur atteint Ron Artest à la poitrine. Cet acte perpétré par un certain John Green fait exploser Artest qui se rue dans les tribunes. Rendez-vous compte du truc : un joueur NBA court comme un malade dans les gradins pour aller démonter un spectateur. A partir de là, c’est l’anarchie totale.

Mais pour rajouter de l’absurde à la situation, Artest se trompe de spectateur !! Ouais le mec grimpe dans les tribunes et tabasse le mauvais gars. Bon Artest se jette sur le pauvre Michael Ryan et, alors que d’autres spectateurs tentent de les séparer, William Paulson un autre abruti choisit de balancer son soda à la gueule d’Artest. Très mauvaise idée puisqu’il se prend une énorme beigne de la part de Stephen Jackson, qui avait rejoint Artest dans les tribunes en 2 secondes.

Ça devient un bordel monstre dans les gradins, il y a la moitié de l’équipe des Pacers, plusieurs membres des Pistons, des spectateurs qui frappent Ron Artest par derrière dont David Wallace le propre frère de Ben et même Rick Mahorn à l’époque commentateur radio des Pistons. Les coups pleuvent pendant une bonne vingtaine de secondes et on comprend vite qu’on est face à une des pires soirées de l’histoire de la NBA. Entre deux coups et deux jets de serviette, Ron Artest descend des gradins du Palace of Auburn Hill son maillot numéro 91 déformé après les accrochages avec les spectateurs. Pour info, Ron Ron avait pris le 91 quelques semaines plus tôt en hommage à Dennis Rodman. Oh mais pas le gentil Dennis des Pistons, non plutôt le fou malsain qui jouait à Chicago.

Vous pensiez en avoir fini avec la folie ? Et bien non et la suite promet d’être pire. A peine Ron Artest met ou plutôt remet un pied sur le parquet du Palace que deux mecs avec des maillots des Pistons se présentent face à lui. Ça semble impensable à dire tout haut mais c’est exactement ce qu’il se passe. Alvin Shackleford et Charlie Haddad font donc face au joueur des Pacers qui commence par mettre une grande mandale à Alvin, puis c’est Charlie qui fonce sur Artest. Un nouvel attroupement se crée en quelques secondes et Jermaine O’Neal arrive à toute vitesse en glissant et dégomme la mâchoire de Charlie. La violence du coup est incroyable et les témoins de la scène, à savoir Scott Pollard et Tom Wilson de l’encadrement des Pistons, ont bien cru de leur propre aveu que O’Neal allait tuer le spectateur.

A ce niveau-là, c’est une catastrophe pour l’image du basket, des deux équipes, de la ville de Detroit, bref pour tout le monde. Les joueurs sont dans les tribunes, les fans sur le terrain, les maillots sont abîmés, il y a de la bouffe jetée partout, les gamins pleurent, et la police d’Auburn Hill n’arrive pas à rétablir la sécurité, c’est l’anarchie. Les appels au calme de Larry Brown et de John Mason n’y font rien et le public de Detroit aura une dernière occasion de montrer sa bêtise, quand Artest ira enfin en direction des vestiaires. Le fauteur de trouble quitte le parquet sous divers projectiles, allant du gobelet à la nourriture. Quelques secondes plus tard, c’est encore pire pour Jermaine O’Neal qui se prend carrément un fauteuil sur la tronche, ce qui lui donne l’occasion de distribuer quelques coups de plus, histoire de bien achever son œuvre. Coté spectateurs, le bilan est également lourd avec neuf blessés légers et deux autres emmenés à l’hôpital.

Une fois dans le vestiaire des Pacers, Artest demande à Jackson s’il pensait que les joueurs auraient des problèmes. Ce à quoi Jackson répond: « Nous aurons de la chance si nous avons un foutu travail demain ». De son coté la police d’Auburn Hills rentre dans le vestiaire pour procéder à des arrestations, mais les Pacers ont déjà mis Artest dans leur bus et refusent de le faire sortir. Après une nuit si catastrophique, la police choisit l’apaisement et décide de protéger les Pacers quand ils quittent le Palace.

Les sanctions de Malice At The Palace

Dès le lendemain, la NBA prend des sanctions. Après Malice At The Palace, 9 joueurs seront suspendus et rateront un total de 146 matchs, en plus qu’une perte de plus de 11 millions de dollars en salaire.

Ron Artest- Toute la saison 86 matchs, PO inclus-4 995 000$
Stephen Jackson- 30 matchs- 1 700 000$
Jermaine O’Neal- 15 matchs- 4 111 000$
Ben Wallace- 6 matchs- 400 000$
Anthony Johnson- 5 matchs-122 222$
Reggie Miller- 1 match-61 111$
Chauncey Billups- 1 match- 60 611$
Derrick Coleman- 1 match- 50 000$
Elden Campbell- 1 match-48 888$

Ces images sont indignes et ont détruit tous les efforts qu’a fait la NBA pour faire de son sport un spectacle familial. Alors David Stern décide de renforcer la sécurité des salles et de durcir le règlement pour éviter tous futurs débordements. Des règles claires sont appliquées : diminution des tailles pour les boissons alcoolisées, limitation à deux boissons alcoolisées par spectateur, fin des ventes de boissons alcoolisées après le troisième quart-temps des matchs et désormais trois employés de sécurité entre les joueurs et les spectateurs.

Concernant les spectateurs fautifs, les sanctions pénales sont aussi assez lourdes. Green, coupable du jet de gobelet originel, Williams Paulson, qui avait provoqué Jackson, David Wallace le frère de Ben ainsi que 2 autres fans sont accusé de coups et blessures. Haddad et Shackleford sont accusés d’intrusion et Bryant Jackson, celui qui a lancé le fauteuil sur Jermaine O’neal est, de son côté, accusé d’agression.

Une tache dans l’Histoire des Pistons

Ainsi s’achève notre voyage et ce deuxième épisode des Chroniques de Motor City. Les événements que je viens de vous raconter ne sont pas glorieux ni pour les Pistons, ni pour les Pacers ni pour la NBA et ont changé le destin de tous ces gens-là. Les Pistons ne réaliseront pas le back-to-back et Indiana finira à une moyenne 6ème place. Les deux équipes se retrouveront d’ailleurs en demi-finale de Conférence cette année là pour une victoire 4-2 des Pistons sans émotion.

Bien il semblerait que nous soyons arrivés à la fin de notre voyage. C’était rude mais nous avons vécu ensemble un événement indissociable de l’Histoire des Detroit Pistons, une vilaine tache certes mais une tache qui doit être connue si on veut comprendre l’Histoire récente de la franchise. Et je vous promets que la prochaine histoire sera plus lumineuse !

Si vous le voulez bien, on va finir ce podcast par un instant promo. Donc, les chroniques de Motor City sont à retrouver sur les plateformes Apple Podcast, Google Podcast, et Spotify, ainsi que sur les agrégateurs de podcast comme Podcast Addict sur Android.

Si vous êtes encore là, merci d’avoir écouté jusqu’à la fin. Si vous avez aimé cette histoire, la meilleure chose que vous pouvez faire pour le soutenir, c’est déjà d’en parler autour de vous. Le truc cool, si vous avez quelques secondes, c’est de balancer une note ou un commentaire sur iTunes, apparemment ça aidera à donner de la visibilité. En attendant le prochain numéro, je vous invite à me retrouver sur Twitter @PistonsFR. Merci encore pour votre soutien et à très bientôt pour une prochaine chronique.