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Wayne Ellington, la dernière pierre d’une trade deadline réussie

Wayne Ellington | Detroit Pistons buyout

Actifs sur le marché des buyouts, les Detroit Pistons ont enregistré l’arrivée de Wayne Ellington jusqu’à la fin de la saison. Avec cet ajout, combiné aux trades qui ont fait venir Sviatoslav Mykhailiuk et Thon Maker dans la Motown, Detroit fait parti des gagnants de cette trade deadline.

L’ère Stan Van Gundy est désormais bien loin. Le Senior Adviser Ed Stefanski solde peu à peu les échecs de l’ancien président-coach de Detroit, avec une belle réussite. On avait déjà sourit cet été quand Stefanski avait réussi à signer Zaza Pachulia, José Calderón et Glenn Robinson III, soit 3 bonnes affaires alors que la situation financière de Detroit était plus que bloquée. Mais avec cette trade deadline, le front office des Pistons confirme l’essai.

La fanbase avait beau crier au tank, demander les trades de Drummond et de Jackson, on se doutait que Detroit n’allait pas chambouler son roster alors que les playoffs sont encore largement accessibles. Les faiblesses étaient identifiées : manque de shoot à 3-points et de flexibilité financière. Avec très peu d’atouts dans sa manche, Ed Stefanski allait devoir maximiser ces assets.

Jeunes projets vs court terme ?

La trade deadline commençait plutôt moyennement pour les Pistons. 48h avant la deadline, les Pistons envoyaient leur deuxième meilleur joueur Reggie Bullock à Los Angeles contre Svi Mykhailiuk, rookie ukrainien et un second tour de draft. Trader Bullock était une évidence pour les Pistons : en fin de contrat, le shooteur de la Motown pouvait certes prolonger à Detroit mais Tom Gores aurait dû sortir son chéquier et payer la Luxury Taxe. Impensable pour une équipe qui ne vise pas le titre à court terme. Contre cet atout très courtisé (mais dans un temps limité), Ed Stefanski récupère Mykhailiuk. Moins cher que Bullock, plus jeune, Svi est décrit comme un jeune shooteur, capable de devenir un des meilleurs de la NBA mais aussi très bon défenseur avec un QI basket prometteur. À peu près la manière dont Reggie Bullock était décrit lors de son arrivée à Detroit en 2015…

Le lendemain, deuxième mouvement pour Detroit. Le décevant (et en fin de contrat) Stanley Johnson est envoyé à Milwaukee (puis à New Orleans) contre Thon Maker. À priori, il s’agit d’un échange entre deux déceptions mais Johnson avait vraiment une valeur proche de zéro. Si Maker se relance à Detroit, Ed Stefanski aura réalisé un coup de maître. Sinon il ne sera pas pire que Stanley Johnson. Les Pistons s’offrent donc un an et demi pour tester leur nouveau projet. Véritable freak capable de se montrer dangereux dans le corner, Thon Maker va offrir une alternative intéressante derrière Andre Drummond. Et le prix à payer pour cet essai était ridiculement faible.

Avec ces deux joueurs, les Pistons ont récupérer deux jeunes shooteurs qui pourraient les aider à quitter cette horrible 29ème place à la réussite à 3-points. En plus de cette adresse espérée, Mykhailiuk et Maker offrent aussi une respiration bienvenue aux finances des Pistons. Avec ces mouvements, Ed Stefanski a créé du cap-space pour des Pistons qui en manquaient sérieusement. Mais il y a une limite à ces deux trades : en perdant Reggie Bullock, les Pistons se sont affaiblis à court terme.

L’arrivée de Wayne Ellington, capitale dans la course aux playoffs

En sacrifiant leur arrière titulaire, le meilleur shooteur extérieur de l’équipe et le pilier de la défense, les Pistons donnaient l’impression de se retirer de la course aux playoffs. Chacun des 30 derniers matchs à jouer sera un combat pour Detroit, qui doit composer avec des Hornets accrocheurs, un Heat capable de tout et des Wizards propulsés par Bradley Beal. Thon Maker et Svi Mykhailiuk ont beau avoir un plafond très haut, ce n’est que du potentiel et dans le meilleur des cas, nous verrons les effets positifs de ces deux joueurs l’année prochaine. Et d’ici là, Detroit risquait d’être bloqué entre la 9ème et la 11ème place.

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C’est là où entre en jeu le marché des buyouts. Transféré par le Heat aux Suns, Wayne Ellington ne portera pas le jersey de Phoenix, qui ne cherche plus rien cette saison. Gardant une belle côte en NBA malgré une saison en demi teinte, Ellington pouvait rejoindre à minima une équipe dans la course aux playoffs ou même une franchise en quête du titre NBA. Les Sixers étaient sur les rangs mais c’est finalement Ed Stefanski et Detroit qui ont réussi à s’entendre avec Ellington.

Que Detroit, équipe décevante cette saison, réussisse à attirer l’un des joueurs les plus convoités du moment est une grande victoire pour Ed Stefanski. Wayne Ellington considère de son côté que Detroit lui offre le plus de certitude : temps de jeu, rôle important et surtout compétitivité. Agent libre cet été, Ellington a tout intérêt à se montrer le plus possible d’ici à la fin de la saison s’il veut décrocher un gros contrat. Et si possible se montrer en playoffs ! Il faut aussi noter que Wayne Ellington aurait de bonnes relations avec l’organisation des Pistons, en particulier Arn Tellem, Vice Président de la franchise.

arn tellem detroit pistons

Savoir tirer parti des buyouts, une nouveauté à Detroit

Avec Ellington dans le roster des Pistons, le départ de Reggie Bullock semble tout d’un coup beaucoup moins catastrophique. Moins bon défenseur, Wayne reste un attaquant comparable à Reggie B, tant en terme de volume que d’adresse. C’est assez logiquement qu’il devrait prendre sa place dans le 5 de départ après quelques matchs d’adaptation.

Ce recrutement renverse complètement les conclusions qui ont pu être faites le soir de la trade. D’une optimisation où Ed Stefanski récupérait deux jeunes projets en impactant sa fin de saison actuelle, nous sommes passé à une maximisation des assets, où les Pistons gardent une menace offensive crédible (Bullock avant, Ellington maintenant) tout en rajoutant deux pièces qui pourraient se révéler capitale pour le futur. On est pas loin du coup de maître.

Bien sûr, remplacer un joueur comme Bullock, même par un Ellington qui lui ressemble trait pour trait, comporte toujours des risques. La relation de Bullock avec Blake Griffin était par exemple un pilier de l’attaque des Pistons. De même, Svi Mykhailiuk pourrait ne jamais être plus qu’un 47eme choix de draft et Thon Maker rester une déception. Mais si ce scénario pessimiste est possible, il suffit qu’un seul de ces joueurs réussisse pour que le pari du front office soit gagnant. Les manœuvres des Detroit Pistons ont permis d’acquérir Maker et Mykhailiuk pour rien tandis que Ellington aura 3 mois pour se montrer. S’il se plaît à Detroit, les Pistons auront une chance de le conserver. Sinon il partira comme l’aurait fait Bullock.

En une draft, une free agency et une trade deadline, Ed Stefanski a déjà fait mieux que Jeff Bower et Stan Van Gundy. C’est un sans faute ou presque pour les hommes forts des Pistons. Se qualifier maintenant pour les playoffs serait une bonne façon de valider cet espoir.