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La Little Caesars Arena à l’epreuve du Playoff Push

Les fans des Detroit Pistons | PistonsFR

En pleine course aux playoffs, les Detroit Pistons veulent pouvoir compter sur le soutien d’une salle chaude à domicile. Mais la Little Caesars Arena sonne creux depuis le début de saison, voir même depuis sa création. Dwane Casey et les Pistons espèrent maintenant qu’une allumette suffira à l’enflammer.

La victoire des Pistons face à Indiana n’a pas forcement du rassurer le coach des Pistons coté tribunes. Comme à son habitude, la Little Caesars Arena était froide, à moitié vide et très loin de transcender les joueurs. Tous les ingrédients étaient pourtant en place : Detroit restait sur 6 victoires lors des 7 derniers matchs, le 3ème à l’Est se déplaçait en ville et la rivalité entre les deux franchise risquait de créer quelques étincelles.

Si Detroit a finit par remporter le match 113-109 contre Indiana, le « playoff push » n’en est qu’à ses débuts. La course en longue et la bataille avec Miami, Charlotte et Orlando va durer jusqu’au bout. Il reste très précisément 10 matchs aux Pistons dans leur antre de la Little Caesars Arena. Capitaine de la second-unit, Ish Smith compte sur un réchauffement de la salle pour pousser l’équipe jusqu’en post-saison :

Je pense que nous sommes une équipe que vous pouvez regarder et qui peut vous enthousiasmer avec ce push. Toute l’aide compte. Si nous pouvons emballer cette salle, c’est bien. Au début de l’année, c’était fou. On jouait bien et je ne vois rien de différent là. Une fois que nous aurons commencé à gagner, ils reviendront.

Le début de saison réussi des Pistons avait effectivement permis un léger frémissement de la Little Caesars Arena. Blake Griffin était en mode MVP et l’équipe trustait les 5 premières places de la Conférence Est. Le succès face aux Warriors en ouverture de Décembre avait enthousiasmé les foules. Puis tout s’est écroulé avec une fin d’année catastrophique où Detroit a glissé jusqu’à la 11ème place à l’Est.

Les vétérans connaissent l’importance de ces matchs à domicile

José Calderón et Zaza Pachulia ne passent plus beaucoup de temps sur le parquet avec les Pistons. Le Géorgien laisse la plupart de ses minutes à Thon Maker alors que l’Espagnol est surtout venu pour être le relais de Dwane Casey sur le terrain. Calderón a d’ailleurs longtemps côtoyé le coach de Detroit à Toronto et a vu la connexion se faire petit à petit avec le public au point de devenir une vraie histoire d’amour.

Aujourd’hui, il y a très peu de sentiment entre les Pistons et leur équipe. La fanbase a su vibrer pour les Bad Boys ou pour la Goin’To Work Era mais depuis, le manque de performance et la faible notoriété du roster année après année (hormis Blake Griffin) ont lassé les amateurs. Il faut rappeler que les Pistons étaient installés à Auburn Hill, en banlieue, depuis 1988 et qu’ils ne sont revenu à Detroit qu’en 2017. Il y a donc tout à recréer, ce qui sera difficile tant que les résultats ne suivent pas. Zaza Pachulia, double champion avec les Warriors, connait la difficulté du processus :

Je comprends la situation. Tout commence avec nous. Une fois que nous gagnerons, ce sera différent. Les deux dernières années, j’ai joué devant une foule incroyable. L’Oracle est reconnu comme l’un des meilleurs endroits pour jouer et l’un des plus difficiles pour les adversaires. Ça affecte vraiment les équipes adverses.

2019 comme 89 ou 2004 ?

La Little Caesars Arena a été inaugurée lors de la saison dernière en Octobre 2018. Personne ne sait aujourd’hui si le peuple de Detroit se mobilisera pour soutenir sa franchise. Si les playoffs sont au bout du chemin, voir la manière dont la salle va réagir à l’événement sera un bon premier indicateur. Mais encore faut-il arriver à se qualifier…

Le calendrier pourrait aider les Pistons. La saison NFL (Detroit Lions) est terminée depuis longtemps, alors que la saison MLB (Detroit Tigers) ne reprend que fin Mars. Seule la NHL (Detroit Red Wings) peut toujours concurrencer le basket mais comme les deux équipes partagent la même salle, il ne devrait pas y avoir trop de problème de fidélité.

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En cette fin de saison, le service marketing des Pistons essaye aussi de faire déplacer les foules en jouant sur le levier toujours efficace de la nostalgie. Deux nuits exceptionnelles seront organisées : le 30ème anniversaire du titre NBA 89 le 30 Mars contre Portland et le 15ème anniversaire du titre 2004 le 7 Avril contre Charlotte. S’il reste froid avec ses nouveaux joueurs, le public devrait se déplacer pour applaudir ses légendes. Et à quelques jours de la fin de la saison, recevoir coup sur coup Isiah Thomas, Joe Dumars, Bill Laimbeer, puis Ben Wallace, Chauncey Billups et Rip Hamilton devrait aussi donner des ailes au roster actuel.

Les Pistons vont devoir être des cols bleus

Ça semble bête à dire, voir même cliché mais les Detroit Pistons font devoir se retrousser les manches pour reconquérir le public. Ce n’est pas une légende que d’affirmer que la Motor City s’attache plus facilement aux joueurs besogneux que flashy. Les Bad Boys ou Ben Wallace sont quelques exemples qui valident ce propos. Blake Griffin, très connoté Hollywood, se fait par exemple plus discret de ce côté-là. Même si ses performances XXL suffissent à conquérir le public.

Avec un roster fraîchement constitué, les Pistons sont encore une toute jeune équipe avec peu de vécu commun. Pourtant une équipe soudée et solidaire serait à même de faire basculer en sa faveur le public de la Little Caesars Arena. Mais on commence à voir ici et là quelques signes positifs, Blake Griffin en bon capitaine se chargeant de faire passer le message :

Je pense que nous avons une équipe complète, avec des gars qui se soutiennent mutuellement et qui sont très heureux du succès de chacun. Ce n’est pas toujours le cas dans les équipes. Quand on joue ce type de basket, c’est très amusant

Dans cette optique, Dwane Casey fait un travail admirable dans sa gestion de la rotation. Autour de Blake Griffin et d’Andre Drummond, il a maintenu sa confiance coûte que coûte à Reggie Jackson, alors même qu’il était le bouc émissaire de cette Little Caesars Arena. Force est de constater que Jax se trouve de mieux en mieux dans le système Pistons et que ses récentes performances font pencher la balance aujourd’hui. Mais le Coach of The Year 2018 peut aussi compter sur un banc qui revient fort au bon moment. Et qui montre de bons signes : Langston Galloway, longtemps mis de côté, reste pourtant le premier mentor de Khyri Thomas (passé devant lui dans la rotation) et quand lui, ou Jon Leuer par exemple, rentrent des 3-points quand leur tour arrive, c’est tout le banc qui se lève pour les encourager.

Les cols Bleus des Detroit Pistons

Gagner, puis espérer du soutien

Une équipe soudée et qui avance ensemble pourrait bien être un élément déclencheur d’une possible histoire d’amour entre les Pistons et leur public. Voir leurs basketteurs engagés dans un objectif commun, sans se soucier du nombre de minutes de chacun donnerait un sens à ce playoff push, que chacun a à la bouche depuis quelques jours à Detroit. Le sage Dwane Casey sait que la route est longue :

Les gens veulent te voir gagner. Si vous ne le faites pas, ils ne vont pas payer leur argent durement gagné. C’est à nous de gagner. C’est la seule façon pour que les fans se mettent à croire à ce que nous faisons. Ils ont trois gros trophées qui me regardent dans les yeux chaque fois que je marche et ils savent à quoi ressemble le basket de gagnant, à quoi il sent, quel goût il a. Vous n’allez pas duper les fans de Detroit. Et j’aime ça.

La victoire fera venir les fans, c’est indéniable et Dwane Casey est dans son rôle en disant cela. Mais malgré tout, les Pistons comptent justement sur la foule pour aider l’équipe à engranger ces fameuses victoires… Il faudra surement que chacun fasse un pas vers l’autre pour créer cette étincelle : les joueurs vont devoir encore gagner tous seuls et les fans donner une chance à cette équipe qui le mérite.