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Bilan à mi-saison 2018/2019 : Sortie de route pour les Pistons

Bilan à mi-saison 2018-2019 des Detroit Pistons

Hors de la zone playoffs, les Detroit Pistons pointent aujourd’hui au 10ème rang de la faible Conférence Est, alors que la moitié de la saison NBA vient de s’achever. C’est donc déçu et pessimiste pour la suite que nous abordons ce bilan de mi-saison. Essayer de comprendre pourquoi cette équipe va mal reviendrait presque à ouvrir la boite de Pandore.

18 victoires pour 24 défaites. A mi-saison, les Pistons sont donc 10ème à l’Est et regardent plutôt dans le rétroviseur que vers la 8ème place. Comment en est-on arrivé là alors que la saison 2018-2019 devait relancer la franchise. La fin de saison dernière avait servie à incorporer Blake Griffin, Dwane Casey était arrivé assez tôt cet été pour driver ce roster, renforcé de quelques signatures intelligentes (Glenn Robinson III, Zaza Pachulia). C’est assez naturellement que la plupart des insiders attendaient les Pistons entre la 6ème et la 8ème place à l’Est. Encore plus optimiste, Blake Griffin lui-même avait annoncé viser la 4eme place lors du Media Day.

Ces belles promesses ont volé en éclat. Quiconque se réveillerait d’un long sommeil sans avoir vu une seule minute de NBA entre Octobre et Janvier vous dirait que Blake Griffin et/ou Reggie Jackson se sont blessés pour que les Pistons flanchent à ce point. La principale réserve concernant la Motown était effectivement une indisponibilité de l’un ou l’autre des stars de Detroit. En bonne santé, ce roster était quasiment assuré de faire les playoffs. Mais à l’heure de faire ce bilan de mi-saison, les comptes n’y sont pas.

Un début de saison réussi, puis un effondrement

La première partie de saison NBA des Pistons a pourtant été bonne. L’équipe gagnait les matchs qu’elle devait gagner et a longtemps tutoyé les 4 premières places. Mais ce n’était qu’un leurre : on savait que l’entame était « facile » pour Detroit et que les choses allaient se corser en Décembre. Comme l’an dernier, le deuxième mois de compétition a été horrible pour Detroit. En chute libre et face à de gros morceaux, les coéquipiers d’Andre Drummond n’ont gagné que 4 matchs sur les 15 derniers de l’année. Sur la période, seuls les Knicks ont fait pire …

Tragique, ce bilan aurait pourtant pu être pire sans un énorme Blake Griffin. Sensation du début de saison notamment avec sa perf à 50 points contre les Sixers, Griffin n’a pas faibli au contraire de ses coéquipiers. L’ancien Clipper porte l’équipe sur son dos : 59,4% au true-shooting %, meilleur chiffre de sa carrière NBA, et 18ème marque en NBA parmi les starters jouant plus de 30 minutes par match. Plusieurs fois, Blake Griffin a offert la victoire à son équipe alors même que le reste du roster de se met au diapason qu’à de rares occasions (Toronto, Los Angeles Clippers). On en vient donc à l’une des premières faiblesses de cette équipe :le supporting cast manque cruellement de talent, de défense et de shoot.

Les Pistons ne mettent pas leur 3-points

En schématisant rapidement, Dwane Casey avait demandé plus de 3-pts, pris rapidement, et des shoots près du cercle. Si l’équipe respecte ces consignes (ils sont 10ème de la NBA en tentative de loin à mi-saison), la réussite n’est pas au rendez-vous. A l’heure d’écrire ce bilan de mi-saison, Detroit n’est que 29eme de la Ligue au pourcentage à trois points (33%). Ce manque criant de réussite a connu son pic en… décembre, où l’équipe est tombée à 31,8%.

Même si Dwane Casey commence à être décrié, son plan de jeu permet de libérer assez facilement les shooteurs de l’équipe : les Pistons sont 6ème quand il s’agit d’obtenir des 3-points grand ouvert. Le fond de jeu est là, particulièrement grâce à Blake Griffin, qui ressort toujours proprement la balle lorsque qu’il est doublé. Des positions obtenues à 3-pts et un intérieur qui sert de centre de gravité, alors pourquoi cela ne fonctionne pas ? La limite se trouve au niveau du personnel. Parmi les 5 joueurs qui prennent le plus de 3-points à Detroit (Bullock, Griffin, Jackson, Galloway, Kennard), tous sont au niveau de leur adresse en carrière, hormis Blake Griffin en progression. En résumé, n’attendons pas que Jackson ou Galloway s’améliorent tout d’un coup de loin. Il n’y a pas de méforme dans cette équipe, juste des basketteurs assez limités. A une exception près, Luke Kennard.

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Des limites en attaque, des trous en défense

Kennard est celui qu’on espérait devenir meilleur dans ce domaine et aujourd’hui le jeune joueur ne rend pas assez service à son équipe. Il est même en régression. Luke a essuyé à de nombreuses reprises les critiques de Dwane Casey cette saison, le coach reprochant au sophomore de chercher à « être plus ouvert qu’ouvert ». En résumé, Kennard n’a plus confiance en son shoot.

Mais il serait injuste de tout mettre sur le dos de Luke. Le manque de talent général du roster est tel qu’à mi-saison, Dwane Casey n’a toujours pas fixé son 5 de départ. Reggie Bullock capable d’alterner poste 2 et 3, il restait à lui trouver un coéquipier correct et après 42 match, c’est Bruce Brown, rookie du 2ème tour qui a le plus de chance de finir la saison. Stanley Johnson a commencé la saison, très vite remplacé par Luke Kennard, lui-même par GRIII pour arriver enfin à Bruce Brown. Force est de constater que seul Brown offre quelques garanties : le 5 Jackson-Bullock-Johnson-Griffin-Drummond affichait un net rating de -3,5. Avec Luke Kennard -1.1.
Avec GRIII ? -5,3. Mais avec Bruce Brown, le net rating affiche 10,2. Suffisant pour rester en place.

L’émergence de Bruce Brown comble également un autre problème des Pistons que l’on doit évoquer dans ce bilan : le manque de défense. Malgré de grosses lacunes offensives, Bruce Brown est l’un des meilleurs défenseurs de ce roster et fait le job dont avaient besoin les Pistons. A coté de lui, c’est le désert le plus complet et ça se traduit dans les chiffres, les Pistons étant la 26eme équipe au pourcentage de réussite laissé à l’adversaire . Les manques de concentration sont fréquents, les aides inexistantes mais s’il faut cibler un joueur, Andre Drummond est le principal fautif. Drummond ne joue aujourd’hui pas le rôle d’intimidateur qu’on espérait le voir endosser. A force d’essayer de se démultiplier, de d’essayer de peser en attaque (malgré la présence de Griffin), Andre Drummond devient moins valuable, par exemple, qu’un Capela aujourd’hui, le Suisse mettant ses qualités au service de son équipe et non pas l’inverse.

Quelle fin de saison pour les Pistons ?

Ce bilan de mi-saison sera donc majoritairement pessimiste. La dixième place des Pistons ne satisfait personne et beaucoup de fans sur les réseaux sociaux appellent au trade. Mais plusieurs facteurs rendent des mouvements d’envergure presque impossibles. D’abord parce que Tom Gores, le propriétaire de la franchise, veut gagner et que l’addition de Blake Griffin en février 2018 et de Dwane Casey l’été suivant empêchent Detroit de tanker ouvertement. Et après tout dans cette faible Conférence Est, les Pistons ne sont qu’à 1,5 victoire de la 8ème et dernière place qualificative pour les playoffs. Le Front Office pourrait donc tenter à tout prix d’attraper cette place

Malgré tout quelques ajustements sont attendus si Detroit veut revenir à un bilan plus équilibré. L’équipe manque cruellement de shooteurs comme on l’a souligné avant et un vrai 3&D ferait du bien dans le roster. Le problème reste que les Pistons n’ont pas grand chose à donner en échange : les gros contrats ne sont pas flexibles et personne ne voudra de Stanley Johnson ou Henry Ellenson .

Seuls les contrat expirants de Ish Smith et Reggie Bullock sont de vrais assets pour les Pistons et de facto les principaux candidats au départ. Mais leurs départs affaibliraient l’équipe, comme on l’a vu pendant la blessure du meneur back-up. Quant à ceux qui aimeraient un départ de Reggie Jackson, Jon Leuer voir même d’Andre Drummond, il sera plus sage d’attendre 2020 et la fin de tous ces contrats embarrassants. Quitte à passer encore deux saisons à naviguer dans le ventre mou de la NBA