L'Humeur du Lundi #2 : Les 29 franchises qui ne sont pas championnes sont-elles forcément des loosers ?

2ème Humeur du lundi sur Pistons FR et on vs parler "défaite". 15 ans que je supporte les Pistons et un seul titre, ce qui n'est déjà pas si mal comparé à d'autres franchises. Mais les 14 autres années sont-elles forcement à jeter ? À l'heure ou des franchises sont prêtes à tanker plusieurs saisons consécutives dans l'espoir d’acquérir la future pépite qui les mènera au Graal tant attendu, j’avais envie de me demander s'il existait une autre voie en NBA, une autre issue que la victoire ou le tanking.



Ce qu'on appelle dans d’autres sports le “ventre mou” est le cauchemar du fan NBA. Pour qu'une saison soit réussie dans la Grande Ligue, il faut soit finir en haut - très en haut pour viser la victoire finale- ou alors saccager le plus tôt possible sa saison et être obligé de s’enthousiasmer pour des défaites, pick de Draft oblige. Cette philosophie a entraîné deux effets pervers pour le basket US : le déplacement des meilleurs joueurs pour rejoindre une Super Team (Durant qui quitte OKC, James qui quitte Cleveland…) et le tanking à outrance version Sixers. 

Conscient des limites de sa franchise en 2012, Sam Hinkie lance une grande opération tanking qui ne s’arrêtera que quand Philly sera un candidat crédible au titre. Embiid en 2014 ? Trop fragile. Okafor en 2015 ? Mauvaise pioche. Simmons en 2016 ? Blessé la première année mais on se rapproche. Il faudra la draft de Markelle Fultz cette année et le retour en forme des deux autres stars précités pour voir Philly mette fin à sa course à la défaite. 4 saisons sciemment abandonnées, 4 saisons à décourager les die-hard fans, 4 saisons à prier que le Process leur permettre de devenir les futurs Warriors. 

La NBA condamne-t-elle les belles histoires ? 

Cette course au trophée Larry O’Brien laisse donc énormément d’équipe sur le carreau. Pour cette saison 2018 le titre etait promis aux Warriors dés le premier jours, et seuls les Rockets ont été en mesure de les faire trembler quelques matchs. Si quelques belles résistances comme les Pacers d’Oladipo ou le génie de Brad Stevens à Boston ont rendu ces playoffs excitants, il semble que cette philosophie qui a gangrené la NBA a déjà fait deux victimes : la notion de suspense et ce que j’appelle les belles histoires ! 

Plus personne ou presque ne cherche à faire rêver ces fans. Pourtant les exemples ne manquaient pas, il y a encore quelques saisons. Les fans des Warriors (au moins ceux présents avant l’avènement de Steph Curry) gardent par exemple une affection particulière pour l’épopée “We Believe” : Baron Davis, Matt Barnes ou Mike Pietrus appliquaient alors à merveille le run and gun de Don Nelson. Au premier tour des playoffs 2007, l'équipe avait réalisé un des plus beaux upsets de l'histoire de la NBA en éliminant les Mavs, n°1 de la saison régulière, portés par un Nowitzki MVP. L’aventure s’arrêtera pourtant juste après pour Golden State, ce qui donnera la possibilité aux observateurs d’asséner le tellement énervant “mais il n'y a pas de titre au bout”. 




Nous revenons ainsi à notre question initiale : les équipes qui ne gagnent pas le titre sont-elles forcément des loosers ? Les Warriors de “We Believe” sont-ils des perdants ? Et pour voir plus large comment ne pas considérer que procurer du bonheur à ses fans, ne serait-ce qu'un instant, n’est pas synonyme de réussite ? Prenons un exemple que nous connaissons bien, évidemment les Detroit Pistons. En 2016, Stan Van Gundy qualifie enfin la franchise en post season, ce qui n’était pas arrivé dans le Michigan depuis 8 longues années. Si Detroit se fait balayer par les Cavs (futurs champions), l’état d’esprit général, le leadership de Reggie Jackson ou la révélation Stanley Johnson sont autant de raisons qui donnent à cette équipe une saveur particulière. Entendons nous bien, on est loin des souvenirs laissés par les Warriors 2007, par le Jazz de Stockton et Malone ou des Pacers de Reggie Miller. Malgré tout, pour un fan des Pistons, cette équipe de 2016 associée au contexte de l'époque ne peut pas être vue comme une équipe de loosers. Et encore l’exemple est loin d’être le plus représentatif… 

J’espère réellement que la NBA arrivera à lutter contre le tanking abusif mais surtout que les fans arrêteront de ne voir les choses que par le sceptre de la victoire. Aimer une équipe pour un parcours, pour un exploit, même au premier tour des playoffs n’est pas interdit ! Après une saison 2017 ratée, j’espérai voir mes Pistons proposer quelque chose, au moins essayer de faire rêver leurs fans, ceux qui se lèvent en pleine nuit en France. Si le challenge n’a pas été tenu, encore une fois l’an prochain, j’attendrais de la bande à Blake Griffin de nous faire rêver et de basculer un peu la hiérarchie de la NBA. Parce que si le titre est inaccessible, je me refuse à être heureux après une défaite. 


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