Le perfectionnisme de Van Gundy, carburant de cette franchise de Detroit

Lors de la victoire des Pistons contre le Magic, le match aurait pu tourner bien différemment. Dominateurs pendant 3 quart-temps, les Detroit Pistons ont lâché les 6 dernières minutes en encaissant un run de 19-0. Mais cet épisode nous a permis de profiter une nouvelle fois de toute la singularité de leur coach, Stan Van Gundy.



En remportant leur troisième match de suite 114-110 face à Orlando, les jeunes joueurs de Detroit devaient s'attendre à des félicitations. Si elles étaient probablement d'actualité jusqu'à la 42eme minute, la fin de match a tout changé. En encaissant un vilain 19-0, les Pistons se sont attirés les foudres de Stan Van Gundy, qui n'a retenu que le négatif :

Je ne suis pas content. Je comprends qu'on parle d'abord de gagner et que nous l'avons emporté mais ce n'est pas ce dont il s'agit. C'est à propos de ce que vous abordez le match. Comment vous jouez, l'effort que vous produisez, l'altruisme que vous y mettez, et seulement ensuite les résultats viennent d'eux-mêmes.
Il y a eu des matchs cette année où j'étais fier de nos gars alors que nous avons perdus. Là, nous avons fait une très bonne première mi-temps. Reggie Bullock et Anthony Tolliver ont très bien joué, et puis nous n'avons rien fait du tout en seconde période. Je ne suis pas content de ça.

Alors que la série de 7 défaites consécutives reste dans tous les esprits, on peut comprendre que le coach des Pistons soit déçu de tant de désinvolture chez ces troupes. A contrario, lors du match contre Atlanta (qui brise la fameuse série) lui avait choisi de relancer les starters alors que Detroit menait largement pour verrouiller le plus tôt possible la victoire.

Un homme capable de préférer une défaite à une victoire

Mais au delà de cette simple rencontre, c'est tout le management de Van Gundy qu'on retrouve dans cette déclaration. Si on connait le personnage fort en gueule, capable d'aller au clash avec ces jeunes joueurs, on oublie qu'avec lui rien n'est définitif. De nombreux conflits avec Stanley Johnson ont par exemple émaillé la saison dernière alors même que le Stanimal est devenu titulaire dès la reprise de la saison. Chez Van Gundy, les critiques individuelles sont fréquentes mais jamais gratuite, tout comme les félicitations (ici Bullock, surprenant en starter et Tolliver la caution expérience du groupe).

Luke Kennard en a fait l’amère découverte lors de ce match contre Orlando qui était sa seconde titularisation, du fait de l’absence d'Avery Bradley. Coupable d'un mauvais début, le rookie n'a eu droit qu'à 15 min de jeu et s’est fait réprimandé par son coach :

Luke a foiré deux fois dans les deux premières possessions. Erreurs mentales Je n'allais juste pas le laisser continuer. Il a raté son positionnement défensif d'un coté et foiré le jeu de l'autre. C'était assez.
Alors oui, de tels propos balancés ainsi auraient brouiller les relations avec ses joueurs. Pourtant SVG reste l'un des coachs les plus respectés en NBA, notamment du fait de sa compréhension du jeu. Perfectionniste le coach des Detroit Pistons est par exemple capable de se féliciter d'une défaite (en octobre contre les Hornets) et de partir dans des colères folles lors d'un succès. Simplement parce que pour lui le jeu est plus important que le strict résultat : SVG en sa qualité de président-coach bâtit sur le long terme et essaye d'avoir pour cette équipe de Detroit de grandes ambitions. Si le titre NBA est bien sur hors d'atteinte, la manière dont il a transformé cette franchise moribonde en candidat régulier aux playoffs est assez extraordinaire.


Un management basé sur la confiance entre le coach et ces joueurs


Revenons en 2014. Van Gundy vient d'arriver à Detroit et le trio Monroe-Smith-Drummond se marche déjà dessus. Josh Smith va bientôt se faire couper par les Pistons mais au cours d'un match où l'ami Josh signe un vilain 2/17 aux tirs, Van Gundy prend encore sa défense :

Bien sûr, Josh a fait 2/17, mais personne ne dit qu'il a limité Carmelo, l'un des meilleurs scoreurs de la NBA à 5/21, qu'il a pris 10 rebonds et qu'il a donné 5 passes décisives.

3 ans plus tard, alors que Stanley Johnson signe un terrible 0/13 lors de l'inauguration de la Little Caesars Arena, Stan Van Gundy n'a rien changé de son discours :

Lorsque vous jouez plus de 40 minutes où vous êtes à zéro sur 13, ce n'est pas seulement une question de tir, alors vous devez continuer à faire autre chose. Nous l’avons laissé sur le parquet rater ses 13 tirs, donc il y a évidemment d'autres choses que nous pensons importantes.
Deux déclarations mais une seule envie, celle de voir au delà des chiffres. Si Van Gundy laisse Stanley 40 min, c'est parce que son impact dépasse simplement les stats. A l'heure où la NBA est obsédée par les chiffres, la façon de voir les choses un peu old-school du coach des Pistons est rafraîchissante. Le jeu, faire constamment les efforts, ne pas se focaliser sur la performance brute mais voir ce qu'il y a derrière... Les jeunes joueurs de Detroit savent qu'avec ce coach, aucune porte n'est jamais fermée et que le travail paye.

Reste que la parole de Stan Van Gundy n'est pas toujours sincère. Le meilleur exemple en date concerne le géant serbe Boban Marjanovic. Le coach des Detroit Pistons avait fait son mea-culpa à la fin de la saison NBA 2016-2017, expliquant qu'il aurait dû faire plus confiance à son pivot. Avec le départ d'Aron Baynes et cette promesse, les astres étaient alignés pour voir Boban à 15-20 min cette saison. Pourtant le Serbe joue moins que la saison dernière (6,9 contre 8,2), SVG lui préférant le courageux mais limité Moreland.

Hormis cet accroc, Stan Van Gundy s'inscrit dans le gratin des coachs NBA et le début de saison inespéré des Pistons lui doit beaucoup. A l'heure où la franchise de mon cœur va mieux, il me semblait normal de faire un modeste hommage à cet entraîneur si précieux.

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