What If... Kobe Bryant arrive aux Pistons en 2007 ?

Intro par Winston de PistonsFR : "J'ai découvert il y a quelques mois le concept de What If. Grâce à son imagination débordante et à sa connaissance de l'histoire de la NBA, Val a développé de nombreuses histoires que vous pouvez retrouver sur son site. Très vite fan de ces créations, j'ai eu envie de partager ça avec vous et j'ai ainsi demandé à Val de nous écrire un What If spécial Pistons. Ce que vous lirez ensuite est une création originale signée What if"


Et si Kobe Bryant, le Mamba, avait un jour porté le maillot des Pistons ? Certains seront peut-être surpris de la question et de la proposition, et pourtant il fut une époque où celle-ci n’était si farfelue. On est alors à la moitié des années 2000, et Kobe nous tape une petite dépression. Faites vos bagages, préparez la boite à imagination et accrochez-vous.

What If Kobe à Detroit | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

LE CONTEXTE

Retour en 2007. Après un début de millénaire dominé par les Lakers de Kobe et Shaq, la franchise californienne commence depuis quelques années à quitter la route de la gloire. Au cours de la saison 2007, Kobe Bryant n’est pas vraiment ravi par la situation de ses Lakers et ça depuis un moment. Terminant avec seulement 42 victoires cette saison-là, celui qui veut dominer la planète basket et qui est en plein prime n’est pas satisfait. Il faut dire qu’à part Lamar Odom, le roster des Lakers ne permet pas à Kobe d’être suffisamment épaulé pour espérer conquérir un nouveau titre

C’est à cette époque que les rumeurs de trade concernant Kobe vont alors apparaitre, fort logiquement et non sans fondements. A coups de déclarations publiques et de vidéos qui fuitent, les rumeurs vont bon train toute la saison durant, accentuant la pression sur le board des Lakers. Si Kobe a été l’élément déclencheur de tout cet emballement, ce n’est pas pour rien : il veut faire bouger les choses.
Au cours d’une interview en 2013, Kobe confirmera une nouvelle fois la véracité de ses intentions de départ d’alors, avouant avoir transmis au board des Lakers une liste d’équipes où il souhaitait aller étaler son basket et où il accepterait d’être tradé. A cette époque-là, il faut le rappeler, Bryant est le seul joueur de la Ligue à disposer d’une no-trade clause dans son contrat. Kobe avouera alors que les Bulls étaient son choix premier en cas de départ, et que sa femme et lui avaient déjà entamé quelques démarches en vue d’un éventuel déménagement.

A l’occasion de la même interview, le Mamba affirmera avoir refuser un trade l’envoyant à Detroit. La cause de ce refus ? La franchise du Michigan ne faisant pas partie de sa short-list, tout simplement, selon les propos de l’intéressé lui-même. Mais d’autres affirment au contraire que Detroit faisait bien partie de la liste mais à une condition : que ni Billups, ni Wallace ne fassent partie du trade. D’autres encore rapportent qu’alors que tout était prévu entre les deux franchises, c’est une discussion entre Buss et Bryant qui aurait changé la donne, le premier réussissant à convaincre le second qu’être un « Laker for life » était bien plus gagnant pour lui.

Les Pistons avaient des arguments de poids à mettre dans la balance. Lors de la saison 2006-07, la bande de Flip Saunders termine avec un bilan de 53 victoires et arrive à se hisser jusqu’en Finale de conférence, où les Pistons seront battus 4-2 par les Cavaliers d’un Lebron James qui s’apprête à rencontrer en Finales NBA un certain Tony Parker (qui finira MVP desdites Finales, ne l’oublions jamais). Plus tôt encore, ils ont remporté le titre face aux mêmes Lakers de Kobe Bryant, chose que le Mamba n’a pu oublier.

Les Pistons sont alors, depuis quelques années déjà, l’une des équipes références de la conférence Est voire de la NBA, terminant avec un bilan d’au moins 50 victoires depuis la saison 2001-02. Révélés sous les ordres de Larry Brown d’abord, ils ont continué à impressionner sous ceux de Flip Sanders par la suite. Une identité de jeu forte qui a su perdurer malgré la perte de Ben Wallace, autour d’un collectif toujours aussi bien huilé entre Rip Hamilton, Chauncey Billups, Rasheed Wallace et Tayshaun Prince et qui parvient à se hisser régulièrement en Finale de conférence.

L’histoire a voulu que Kobe reste chez lui à Los Angeles et qu’il y gagne aux côtés de Pau Gasol deux nouveaux titres, mais l’imagination elle permet de faire fantasmer les fans plus que de raison. Et si Kobe avait été envoyé à Detroit ? Quel avenir pour lui, pour la franchise, pour le jeu ?

COMMENT LE MAMBA AURAIT PU ATTERRIR A DETROIT ?

Pouvoir accueillir un joueur de la trempe de Kobe Bryant, qui plus est quand celui-ci est dans son prime, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Pour que l’homme aux 81pts puisse atterrir dans le Michigan il n’y a pas de recette miracle : il faut faire de la place. Impossible de s’imaginer un scénario à la NBA 2K, car même si tout n’est qu’imagination ici, l’option « Forcer le transfert » est impossible à envisager ! Désolé du coup pour ceux qui s’imaginaient que Kobe pourrait, même dans l’imaginaire, cavaler sur le parquet aux côtés de Rip Hamilton, Chauncey Billups, Tayshaun Prince, le Sheed et compagnie, sans dommages collatéraux.

A l’aube de la saison 2007/08, Kobe est environ à 19 millions l’année. Du côté de Detroit, aucun joueur n’atteint cette somme, ce sont donc plusieurs joueurs qui devront être mis dans la balance. Pas sûr aussi que les Lakers lâchent Kobe contre 2 Bounty et un joueur en pâte à modeler.

Les sources rapportant qu’un accord entre les Pistons et les Lakers avaient été conclu convergent toutes vers un deal à plusieurs pièces. Certaines mentionnent un package avec Rodney Stuckey, Rip Hamilton, Jason Maxiell ainsi que deux premiers tours de draft. D’autres remplaçaient Maxiell par le jeune Amir Johnson et un tour de draft. Qu’importe les compléments apportés pour convaincre les Lakers et équilibrer la balance des salaires, une pièce essentielle ressort : Rip Hamilton.

Membre iconique des Pistons de Larry Brown, Rip Hamilton est l’un des chouchous du Palace d’Aubrun Hills. Shooteur redoutable à mi-distance, un jeu sans ballon à la perfection et une élégance rare, Rip Hamilton a séduit depuis longtemps les fans de Detroit. Mais impossible d’accueillir Kobe Bryant, alors meilleur joueur de l’époque, sans sacrifice. Evoluant tous les deux au même poste d’arrière, impossible pour l’un des deux de rejoindre le banc. Le sacrifice de Rip Hamilton, qui était alors le plus gros salaire de la franchise, semblait inévitable et nécessaire. Hamilton a été l’un des premiers à se rendre compte que le trade dont on parlait beaucoup à l’époque pouvait s’avérer être plus qu’une simple rumeur, à tel point qu’il avouera en avoir parler à Kobe lors du All Star Game.

Rrip et Kobe | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

Manifestement, Rip Hamilton voulait déjà faire le voyage en sens inverse.
Kobe lui confirmera que dans le deal avait été mentionnés les noms de Tayshaun Prince et Rip Hamilton, ainsi que des tours de draft. Deux des cinq membres du starting five envolés ? Ça fait quand même beaucoup là.

Mettez toutes ces rumeurs dans un grand bol, ajoutez un morceau de pneu, des copeaux de défense, quelques morceaux d’un album d’Eminem au choix, imaginez très fort et réchauffez le tout avec un peu d’imagination : bam. Kobe Bryant débarque sous le maillot des Pistons en échange de Rip Hamilton, Rodney Stuckey, Jason Maxiell et quelques tours de draft.

Maillot bleu sur les épaules floqué « Bryant », numéro 24 soigné, Pistons sur la poitrine, Lose Yourself dans les enceintes du Palace : prenez place fans de Detroit, Kobe est là.

Rip hamilton | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

Kobe Bryant | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France
Franchement, on voit presque pas la différence.


L’IMAGINAIRE 

Quand on se prend à imaginer un Kobe Bryant au sein des Pistons, beaucoup de choses viennent en tête. Prenons-les dans l’ordre.

Premièrement, quel cinq majeur et quelles rotations ? 

Billups-Bryant-Prince-McDyess-Wallace semble être le cinq majeur le plus probable, un cinq où Kobe Bryant remplacerait poste pour poste Hamilton et où le reste ne bougerait pas d’un iota. La raquette McDyess-Wallace avance doucement en âge et pourrait être limitée athlétiquement, mais l’expérience et la dureté des deux compères compensent largement ce manque. Sur les lignes arrières, si Billups a dépassé la trentaine, il reste l’un des meilleurs meneurs de la Ligue dans un rôle de gestionnaire qui lui va comme un gant. Tayshaun Prince et Kobe Bryant sur les ailes, Detroit disposerait de deux ailiers en plein dans leur prime et assez complémentaire des deux côtés du terrain. 

En sortie de banc, prime à la jeunesse avec Rodney Stuckey, Aaron Afflalo et Amir Johnson, tous moins de 22 printemps. Quelques vétérans pour encadrer le tout, et l’équilibre semble tout trouvé.

Quel style de jeu ? 

Si les Pistons avaient pu accueillir un joueur tel que Kobe, nul doute qu’il aurait été la première arme offensive de Motor City. Basé des années durant sur un jeu offensif avant tout collectif, qu’illustrait parfaitement Rip Hamilton avec son jeu sans ballon, les Pistons auraient sans doute dû opérer un changement dans ce secteur. Vers la fin des années 2000, Kobe est considéré comme le meilleur joueur de la planète par beaucoup, et ses orgies offensives sont légions. Quand un tel monstre arrive dans votre roster, il est des concessions qu’on est heureux de faire. Flip Saunders aurait ainsi certainement mis en place plus de jeu en isolation que les années précédentes, sans toutefois mettre de côté le jeu collectif made in Pistons, dont aurait été dépositaire Billups. Depuis la saison 2001-2002, seul Rip Hamilton avait dépassé de justesse la barre des 20pts de moyenne (20.1) : difficile d’imaginer un Kobe Bryant en dessous des 25 à cette période-là. 

Pour ce qui est de la défense, elle est depuis toujours la marque de fabrique de la franchise de Detroit. Elevée au rang de religion après les Jordan Rules de Chuck Daily et l’épopée des Bad Boys, la défense est la première arme des Pistons et l’identité même de leur jeu. En perdant Rip Hamilton et en ajoutant Kobe, Detroit ne perd pas au change en termes de défense. Le Mamba est en effet un habitué des All Defensive Team de fin d’année, et nul doute que sous les couleurs de Detroit cette habitude aurait été conservée. 

Une équipe toujours aussi défensive et qui se rajoute offensivement une arme majeure, voire létale, voilà ce qu’aurait pu être les Pistons s’ils avaient accueillis dans leur rang Kobe, en plein prime.

Quels résultats ? 

C’est la partie la plus intéressante, évidemment, et pour cause. 

Primo, à cette époque au sein de la conférence Est, un jeune joueur est en train de faire des ravages depuis déjà quelques années déjà : Lebron James. Ayant éliminé à lui seul les Pistons lors des derniers playoffs mais échouant dans ce qui étaient alors ses premières Finales, Lebron porte les Cavs et a soif de titres. 

Deuxio, les Celtics. Ayant tout aussi soif de titres, Boston s’est monté une vraie armada en vue de reconquérir le trophée Larry O’Brien qui lui échappe depuis trop longtemps. C’est ainsi que sont arrivés Kevin Garnett et Ray Allen, qui s’apprêtent à former avec Rajon Rondo et Paul Pierce un quatuor de la mort au sein de la NBA. Avec d’un côté une équipe de Cleveland portée par celui qui incarne le futur de la NBA mais qui est déjà capable de porter à lui seul une équipe de bras cassés en Finales NBA, et de l’autre une équipe de Boston qui s’est concoctée un monstre à 4 têtes, Detroit aurait eu à livrer de biens belles batailles. 

Dur les imaginer hors playoffs évidemment. Sans Kobe, les Pistons ont terminé la saison 2008 avec 59 victoires. En ajoutant un Kobe et en enlevant Rip Hamilton et donc forcément un peu de cohésion, le bilan aurait sans doute été similaire, voire légèrement supérieur, mais difficilement en dessous des 50 victoires quoi qu’il arrive. Detroit se serait ainsi partagé la tête de la conférence Est avec Boston. Les deux équipes auraient été à la lutte toute la saison durant, mais avantage à Boston au finish. 
Derrière les Cavs avec un effectif trop léger pour épauler Lebron auraient terminé sur la 3ème marche du podium, ou juste un cran en-dessous, mais pas hors du top 4. Dans le désordre seraient sans doute venus ensuite le Magic, les Raptors, les Wizards, … 

Bilan : la saison régulière aurait été dominé par Boston et Detroit, franchises les plus solides et complètes de la conférence Est. Sur ce point, l’arrivée de Kobe aux Pistons n’aurait peut-être pas changé la donne, a contrario du jeu produit par les Pistons. 

C’est en playoffs que les batailles auraient évidemment été les plus belles. Avec un Kobe Bryant qui ne vit que pour les titres et les moments chauds, comment ne pas se prendre à rêver de Finale de conférences en 6 ou 7 matchs contre l’armada de Boston ? Rondo contre Billups, Garnett contre le Sheed, Bryant contre Allen, Prince contre Pierce : affolant sur le papier. Qui peut se retenir d’imaginer le kiff qu’auraient ressenti les fans devant un mano a mano entre Kobe Bryant et Paul Pierce, deux des meilleurs joueurs de leur ère et de l’Histoire de la balle orang ? Quid également du duel entre Cavs et Pistons, avec des Pistons revanchards comptant sur Kobe pour faire la leçon à ce jeune impétueux de Lebron James les ayant éliminés un an plus tôt ? Kobe contre Lebron, le présent contre le futur, le duel que les fans n’ont malheureusement jamais eu l’occasion de voir en playoffs aurait pu, avec un Kobe aux Pistons, devenir réalité. Affolant on vous dit. 

Impossible évidemment de déterminer le sort de tels affrontements. Plus précisément, les Cavaliers semblaient déjà trop courts à l’époque pour rivaliser avec les Celtics. S’ils avaient réussi à éliminer les Pistons l’année précédente, avec Kobe dans les rangs, la chose aurait été moins sûre l’année suivante. Pour ce qui est des confrontations entre Detroit et Boston, avec un Kobe Bryant en plus côté Motor City, le résultat est impossible à deviner. Les Celtics semblent plus complets, avec un poil plus de banc. Mais la mentalité Pistons couplée avec le costume de killer du Black Mamba lors des playoffs aurait eu du répondant à offrir, sûrement plus que sans ce dernier. Les deux franchises ont des arguments à faire valoir dans cette confrontation imaginaire, mais une chose est sûre : on aurait payé pour voir le Palace ou le TD Garden en furie pour ces matchs-là, sans hésiter.

Quelles perspectives sur le moyen terme ? 

Quoi qu’il en soit, avec Kobe dans leur vestiaire et sur leur parquet, les Pistons s’offraient un avenir à court et moyen terme certainement plus radieux que la réalité ne leur a offert. Barrés par les Celtics en Finales de conférence, Detroit va très vite descendre de la scène principale de la NBA et de la conférence Est : 39 victoires en 2009 puis 27 en 2010, en route vers les tréfonds de la Ligue. Si Kobe avait débarqué, son contrat courrait alors jusqu’en 2011, offrant 3 ans de sursis à la franchise du Michigan pour construire une équipe victorieuse. 

Une vision à moyen terme à double tranchant, car on l’a vu précédemment, pour faire venir Kobe, la franchise aurait dû se séparer des tours de draft à venir qu’elle possédait. Un all-in sur le court terme avec un joueur en plein prime, rien de bien choquant. De là, plusieurs scénarios sont possibles, mais seulement 3 seront envisagés :
  • Soit Detroit serait parvenu à gagner rapidement un titre, voire plusieurs : par rapidement, on entend pendant que Kobe était encore sous contrat, idéalement avant sa dernière année donc un titre avant 2010. Trois ans pour gagner à Detroit en étant bien entouré, la chose ne parait pas impossible. Dans ce cas-là, la franchise aurait pu décider de prolonger Kobe en 2011, mais aurait été forcé de l’accompagner de nouveaux coéquipiers, via trade, Billups et le Sheed n’étant pas éternels afin de l’accompagner de la meilleure des manières jusqu’à sa retraite. 

  • Soit Detroit n’aurait pas réussi à mettre la main sur le trophée Larry’O’Brien et dans ce cas-là les choses auraient pu être différentes et les perspectives beaucoup plus sombres : pas sûre de voir Kobe rempiler après un échec dans le Michigan, la franchise se serait retrouvée avec un roster appauvri, n’ayant pas pu drafté correctement les années précédentes. Destinée à jouer dans les bas-fonds de la Ligue pour recommencer un nouveau cycle, l’expérience Kobe aurait été un véritable échec. 
Dans tous les cas, si Detroit avait réussi l’exploit de faire venir Kobe Bryant dans le Michigan, le plan semblait destiné à gagner sur du court-terme, l’effectif des Pistons étant déjà assez vieillissant, du moins pour les joueurs du cinq majeur. Une sorte de « win or die trying » de la part de la franchise de Joe Dumars, qui malheureusement ou non pour les fans de Motor City, n’a jamais vu le jour : Pau Gasol est venu secourir Kobe dans la cité des Anges, l’aidant à gratter deux trophées de plus dans son armoire. Les Pistons pendant ce temps rêvèrent encore une saison avant de découvrir les profondeurs du classement et de pleurer les glorieuses années du début des années 2000. Foutue no-trade clause.

Sources, et pour en savoir un peu plus :
https://www.detroitbadboys.com/2016/4/7/11390004/kobe-bryant-trade-detroit-pistons-2007-done-deal

https://www.detroitbadboys.com/2015/2/23/8089429/kobe-bryant-trade-detroit-pistons-confirmed-horses-mouth

https://www.cbssports.com/nba/news/the-last-great-kobe-bryant-mystery-how-he-almost-became-a-piston/

http://www.espn.com/blog/truehoop/post/_/id/3446/kobe-bryant-says-he-d-like-to-be-traded

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