Non classé

Interview What If, 2eme partie : « Les finales Spurs-Pistons, ça reste un souvenir marquant »

Deuxième partie de l’interview de Val, le génie créatif derrière What If qui nous a offert un épisode spécial Pistons en imaginant un trade de Kobe Bryant dans la Motown. Après la première partie de ma rencontre avec Val centrée sur son concept, voici la suite où nous revenons sur cette fameuse révision de l’Histoire de Detroit.


PistonsFR : Commençons la deuxième partie et venons-en au What If qui nous amène aujourd’hui et encore une fois merci d’avoir participé ! Kobe et les Pistons, la confiance en soi à l’état pur et les cols bleus, le talent brut et le collectif, bref tout les oppose. Sacré challenge que je t’ai proposé non ?
Val-What If : C’est vrai qu’a priori, ce n’est pas le mariage auquel on aurait pensé, autant pour Kobe que pour Detroit ! Kobe représente Los Angeles tout comme Magic l’a fait, et au-delà du basket même. C’est du basket de haute voltige, un show permanent, une sorte d’art presque. A Detroit, la culture est beaucoup moins clinquante, on est pas dans le showtime, on est plus dans l’esprit « on relève les manches, on met la lampe frontale, et on va chercher la victoire ». Mais finalement, je me demande si ça aurait été si incompatible que ça. On connait tous le côté psychopathe de Kobe, son côté stakhanoviste, le malade de travail jusqu’à l’obsession. Ce côté-là de la facette de Kobe aurait bien matché avec l’esprit des Pistons, je pense.
PistonsFR : Prenons les deux camps séparément. Peut-tu nous donner ton avis sur les Pistons de l’époque (et pourquoi pas en général) et sur Kobe ?
Val-What If : Alors, sur les Pistons, tu veux mon avis à l’époque ou maintenant haha ? A l’époque, on va dire dans le milieu des années 2000, vous êtes la bande de méchants mecs qui veulent faire perdre Tony Parker et Tim Duncan ! Les finales Spurs-Pistons en tant que gamin ça reste un souvenir marquant, je revois encore les magazines que je recevais à l’époque où il y avait les photos des Finales avec le Palace dans le noir, les flammes qui sortaient du parquet, tout ça c’était fou. Mais quand je dis les méchants, je grossis le trait. Vous aviez une équipe qui me plaisait bien, j’aimais bien ce côté nasty avec les deux Wallace, et le côté collectif surtout. Après, à la fin des années 2000 je vous ai un peu perdu de vue. Mais honnêtement, les Pistons du début du millénaire, c’est un bon souvenir de gamin et même maintenant d’ailleurs. Puis Rip Hamilton quoi ! J’aimais trop ce mec. Le jeu sans ballon qu’il avait, c’était du délire, les tirs en sortie d’écran, puis une espèce de mec tellement « smooth » comme on dit : un délice à voir.
Kobe… Arf, Kobe c’est tellement mon enfance aussi. Il y a deux facteurs qui m’ont fait aimer le basket, c’est les Spurs parce que Tony y débarque quand je commence à suivre la NBA avec attention, et Kobe parce qu’à cette époque-là il devient complètement fou. Alors, j’étais gamin, donc j’ai pas vu Kobe prendre 35 shoots par match à l’époque en direct hein, moi j’avais juste les images qu’on nous rapportait, et ce que je voyais c’était un putain d’esthète, un artiste quoi. Ses fadeaways, on peut dire ce qu’on veut, qu’il a copié Jordan ou quoi, mais faut avouer que c’est d’une putain de beauté. Puis après plus tard en grandissant, quand je l’ai vu dans sa période Pau Gasol là j’me suis dit « Ah ouais, putain ». Souvent je me dis que c’est bizarre, parce que les individualités, les mecs qui arrosent comme des fous, qui croquent, tout ça, c’est pas tellement ma came, mais Kobe ça a toujours été à part. Bon je suis lucide aussi hein, il a fait de la merde et il a fini sa carrière beaucoup trop tard. Mais bon, c’est un héros d’enfance.
PistonsFR : Merci d’être resté sur la génération 2000 et de ne pas avoir mentionné un volet plus récent de l’histoire des Pistons. Etant fan de Detroit depuis 2002 et étant assez jeune à l’époque, j’ai été profondément marqué par la défaite en 2005. J’imagine que là, tu ne serais pas chaud pour me faire un nouveau What If ??
Val-What If : Haha non, même dans une réalité parallèle Tim Duncan aurait plané sur l’événement ! Elles sont quand même souvent oubliées ces Finales entre Spurs et Pistons, mais c’était pas trop mal dans mes souvenirs !! C’est pas les plus vendeuses comme équipes, mais ça puait le basket de partout.

« La médiatisation a explosé, les réseaux sociaux sont exploités à fond »

PistonsFR : Ouvrons un peu sur ton projet. Depuis peu tu as ouvert tes rubriques Rencontres, Start from the Bottom et Bust x Flop. Tu nous explique tout ça ?
Val-What If : Les Rencontres, ça a été le premier projet que j’ai fait en dehors des What If. L’idée c’est de rencontrer des gens qui animent la communauté NBA sur Twitter, que l’on sait fan d’une équipe et d’échanger avec eux sur les what if de cette franchise. Je fais mes petites recherches, je trouve des pistes intéressantes, et je leur pose mes questions ! C’est parti du fait que j’avais envie d’aller vers autre chose que des récits purs, pour aller voir ce que pensaient aussi les autres. Ça me permettait aussi de voir l’histoire de certaines franchises sous un autre angle, de découvrir de nouvelles anecdotes aussi. C’est vraiment un concept que je suis content d’avoir lancé, j’ai adoré le faire avec les 4 premières, tout le monde a joué le jeu et c’était super cool de voir ce qui sort comme réponses, j’espère que ça continuera ! 
Les Started from the Bottom, c’est rien de plus qu’une grande rétrospective sur chaque franchise NBA. Comment elle est née, comment elle a évolué, quelles crises elle a pu connaitre, quelles périodes différentes il y a eu, etc. Là aussi, j’ai voulu satisfaire ma curiosité personnelle. A force de regarder le passé de la NBA, je me suis rendu compte que certaines histoires, anecdotes, ou joueurs mériteraient plus d’attention. Puis ça me permettait aussi de faire découvrir aux plus jeunes fans NBA l’histoire de la franchise qu’il avait choisi de soutenir. Il y a des histoires totalement dingues à découvrir et qu’on a oublié : par exemple, les Pacers qui se font sauver par le biais d’un téléthon, c’est un truc que j’ai trouvé totalement fou ! Après j’essaye de pas trop faire de l’encyclopédie non plus, faut trouver le ton, même à l’écrit, pour arriver à intéresser les fans.
Les Bust x Flop, c’est le petit dernier ! Toujours dans le but de creuser un peu l’histoire NBA et les joueurs qui y sont passés, j’ai voulu creuser du côté un peu obscur du truc. L’idée de départ c’est : pour un Kobe, un Jordan, un Lebron, combien on a eu de Kwame Brown, d’Anthony Benett ? Beaucoup. Comme je n’ai fait qu’un numéro pour le moment, c’est à peaufiner mais je n’ai pas envie de faire une rubrique gratuite en mode « Regardez, ce mec était naze ». Je suis convaincu qu’il y a toujours une explication, un contexte, qui explique l’échec d’un joueur et c’est ça que j’ai envie de montrer. Dépasser le préjugé du cliché du gros naze, pour essayer d’expliquer les causes. En faisant celui sur Kwame Brown, ça m’a encore plus convaincu de la chose. Bon après, ça empêche pas d’envoyer une vanne ou deux hein !
PistonsFR : Toutes ces rubriques impliquent un travail minutieux et t’obligent à chercher dans les archives. Alors dis nous, la NBA c’était mieux avant ?
Val-What If : J’ai toujours eu du mal avec ce débat. Pour tout ce qui est de la NBA, je pense aujourd’hui, c’est mieux. La NBA a été très forte parce qu’elle a su grandir avec les évolutions de son monde. La médiatisation a explosé, les réseaux sociaux sont exploités à fond, c’est un truc de malade. Le match qui est à 4h30 du matin, 2 minutes après qu’il soit terminé tu peux avoir les highlights, résumés et tout le reste sur n’importe quelle plateforme ! Après, ça a aussi ces mauvais côtés, comme toute chose. Dès qu’un jeune marque 30 pions, on en fait une superstar, et certains phénomènes deviennent vite incontrôlables. Mais dans l’ensemble, c’est un régal. Pour ce qui est du jeu en lui-même, je sais pas, je dirais qu’il a suivi lui aussi l’évolution. On a eu une vraie transformation du jeu. Le basketteur-type de 2017 c’est un extraterrestre. Ça va vite, ça saute de partout, c’est costaud, ça shoote. La ligne à 3pts, au départ c’était une idée, maintenant c’est une religion. On a cru que les intérieurs étaient morts, puis doucement ça refait surface, mais avec une nouvelle génération là aussi et des pivots qui n’ont plus rien à voir avec ce qui se faisait il y a 10 ou 20 ans. Le basket se réinvente en permanence, c’est ça qui est cool.
PistonsFR : Pour finir on va ouvrir sur la culture populaire. Les uchronies existent depuis longtemps, parfois même dans des univers fictifs. En tant que fan de comic je vais te citer Red Son, où on se demande « What if Superman atterri en URSS au lieu des USA ». Pourrait-tu un jour t’éloigner du basket pour What Ifer des univers ?
Val-What If : Alors là, aucune idée ! Je t’avoue que je ne savais rien de ce qui se faisait ailleurs, mais le truc sur Superman que tu me dis là, il y a un gros potentiel haha !
Bah écoute, je pense pas à vrai dire, au départ les What if c’est quelque chose que j’ai fait pour m’éclater sur une passion que j’ai depuis gamin. Peut être dans d’autres sports, j’y ai déjà pensé. Bon après pour rigoler j’avoue que je me suis déjà imaginer des remix sur d’autres trucs hors sport hein. Mais pour le moment, on va rester dans ce que je sais faire.

PistonsFR : Belle humilité et comme tu deviens un cador dans ton domaine tu as bien raison ! Le mot de la fin est pour toi !
Val-What If : Merci à toi déjà, pour avoir pensé à moi pour faire un petit délire qui fut très sympa et qui j’espère plaira à tes lecteurs! Puis bon, en souvenir du bon vieux temps, bonne saison aux Pistons, je vous suivrais de loin pour voir si Dédé a enfin progressé 😉