Preview Detroit Pistons 2017-2018 : Redécollage attendu

En playoffs il y a deux ans, les Pistons ont fait partie des plus grandes déceptions l’an passé en NBA. Lâché par ses leaders Drummond et Jackson, Stan Van Gundy a longtemps songé à tout casser. Mais bouger les joueurs sans changer la façon de penser de toute l’équipe n’aurait finalement pas eu beaucoup de sens et ce nouvel exercice devra prouver que le coach a bien fait. Preview d’une saison où certains seront attendus au tournant.




Les mouvements de l’été :

  • Départ de Kentavious Caldwell-Pope, Marcus Morris, Aron Baynes, Mike Gbinije, Darrun Hilliard
  • Draft de Luke Kennard, arrivée de Avery Bradley, Langston Galloway, Anthony Tolliver, Eric Moreland.

L’été des Pistons n'aura pas été très animé. Pour faire simple, le recrutement s'est entièrement articulé autour de l’arrivée d’Avery Bradley. Marcus Morris, inclus dans l’échange avec Boston, a quitté Detroit, Baynes a plus tard rejoint les Celtics comme free-agent, et KCP n'a pas été retenu puisque la banque des Pistons était déjà dans le rouge,... Ainsi pour récupérer une année de Avery Bradley, Detroit a lâché (ou laissé partir) 2 titulaires et un remplaçant de haut niveau. On peut penser que c'est plutôt cher payé mais on parle là d'un défenseur d’élite, potentiel All-Star, All-Defensive First Team. Mais attention, Bradley aura son futur entre ses mains à la fin de la saison et les Pistons feraient bien d’en faire leur pierre angulaire dès aujourd'hui.

Ce qu'il fallait corriger :

On pourrait dire quasiment tout. Les playoffs étaient limite inratables pour cet effectif, qu’on voyait en pleine progression. Pourtant Detroit a fini à une piteuse 10ème place avec un bilan famélique de 37-45. Pour cette nouvelle saison, les Pistons ont changé de salle, passant du Palace à la Little Caesars Arena mais il ne faudrait pas que ce soit les seules modifications. Si les Pistons souhaitent remonter la pente, Stan Van Gundy devra regler deux gros chantiers :

  • En premier lieu, il faudra changer d’attitude et prendre conscience de l'image désastreuse que les Pistons ont montré au reste de la NBA. Dans le monde du football, on demanderai à ce roster de “mouiller le maillot “. Tout le monde sait que Stan Van Gundy n'a pas à sa disposition un monstre offensif comme Durant, un All-Around player à la LeBron ou même un potentiel MVP. Personne n'attend non plus que les Pistons mettent des raclées à tour de bras. En revanche dans l'attitude, on attend de voir Drummond et ses potes courir, qu’ils se battent, s’arrachent et qu’ils refusent de se faire dominer. Trop souvent, on a vu l’équipe en roue libre, obligeant le coach à faire rentrer les hommes du banc pour mettre un peu de jus dans le match. Les back-to-back ont parfaitement illustré cet état de fait : Andre Drummond a par exemple un différentiel de -11 lors des seconds matchs au lieu d'un -3 de moyenne. Cette stat ainsi que le bilan famélique des Pistons lors des back-to-back -seulement 3 victoires pour 12 défaites- est symptomatique d’une équipe qui n’en fait jamais assez.
  • Pour espérer accéder à la post-season, Stan Van Gundy devra revoir son plan d’attaque. Si défensivement, les Pistons ont relativement tenu la barre, de l'autre côté du terrain régnait néant total. Probablement trop dépendant de son binôme Jackson-Drummond, Detroit n’a pas su ajuster ses systèmes pour répondre aux défenses adverses. Privés toute la saison de leur meneur titulaire (20 matchs out, une reprise trop rapide, puis une convalescence sur le banc), les Pistons ont compté leurs armes disponibles, se rendant vite compte que l’arsenal était léger pour partir à la guerre : Drummond toujours aussi frustrant une fois la balle dans les mains, KCP qui force trop, Marcus Morris qui n'est pas un scoreur naturel et Leuer qui a fait ce qu'il a pu pendant 35 matchs avant de disparaître. Au final, seul Tobias Harris, placé sur le banc par SVG, a tenu son rang. Meilleur marqueur des Pistons en tentant moins de tirs que Morris et Drummond, avec seulement le 5ème temps de jeu, l’ancien Magic a été le Piston le plus efficace. Avec sa très probable ré-introduction dans le 5 de départ, c'est toute l’attaque des Pistons qui pourrait aller mieux.


Les points d’interrogation qui restent :


Indéniablement les Pistons sortent renforcés de l’intersaison. En sautant sur l'opportunité de faire venir Avery Bradley, le board s'est remis en position de force, tranchant net l’imbroglio KCP. Cette bonne gestion a aussi permis à Stan Van Gundy de calmer (pour un temps au moins) les voix qui voulaient dégager Jackson, Drummond ou même les deux. Le président-coach de Detroit s’impose avec ce choix comme le patron mais joue gros : si les choses tournent mal, il ne lui restera que peu d’excuses. 
Parce que rien ne garantit que l’on retrouve le Jackson de 2015. Les échos sur son état de forme sont contradictoires, ce qui ne rassure pas pour le training-camp. Début Septembre, Van Gundy déclarait que Jax ne pouvait pas tenir le rythme de deux entraînements par jour et se résigner à prier pour son retour. Quand on sait que le dernier match de Reggie Jackson date du mois de mars, on peut légitimement s’inquiéte. Face à l’incendie qui commençait à se propager, le meneur lui même a déclaré quelque jours plus tard qu'il allait bien, qu'il serait prêt pour le camp d’entraînement et mieux, que son “ancien lui” était de retour ! Échaudé par la saison dernière, on attendra un peu avant de l'enflammer.

Cette épisode montre aussi le déficit de communication chez les Pistons. Stan Van Gundy dit une chose, le joueur une autre et on ne sait pas vraiment à qui se fier. Plus généralement c'est tout l’organigramme qu’il serait bien de revoir à Detroit. Arrivé chez les Pistons pour redresser une franchise moribonde, Van Gundy a pris tous les pouvoirs, coiffant une casquette de président-coach à l'époque tendance en NBA. Les années ont passé, Detroit a retrouvé les playoffs et le monde du basket commence à comprendre que les postes existent pour des raisons précises. À Los Angeles cet été, Doc Rivers a lâché son job de président pour se concentrer sur le coaching et on est pas loin de demander la même chose à Detroit. Dans la tempête de la saison dernière, nombreux ont pointé la toute puissance de Van Gundy dans la franchise comme une des clés du problème. Impliqué dans toutes les strates de l’organisation, SVG court le risque de manquer de recul pour se remettre suffisamment en question. Les hommes de qualité ne manquent pas à Detroit (Jeff Bower, Arn Tellem, Tim Hardaway, Otis Smith…) et il serait légitime d’espérer voir Van Gundy se concentrer uniquement sur le terrain.

Dernier point qui restera à éclaircir cette saison : le développement des jeunes. La Summer League a été satisfaisante à Detroit avec Ellenson en patron et Kennard en révélation. Le jeune Henry, désormais sophomore, a beaucoup bossé avec le Drive l’an dernier et semble prêt à avoir un rôle en sortie de banc. Kennard, lui, se voit propulsé meilleur shooteur de l’effectif, dans un roster qui en a grandement besoin (26eme aux shoots à 3-pts l'an dernier). 
Mais malgré toutes leur qualités, nos deux jeunes ont chacun vu un concurrent arriver cet été : Galloway pour Kennard et Tolliver pour Ellenson. Deux vétérans face à deux rookies (ou presque), et voilà que des doutes émergent. Quel intérêt à développer Ellenson pendant une année pour faire venir un Tolliver au même profil et qui ne veut pas jouer les mentors ? De même, drafter Kennard et vanter son habilité aux shoots manque de logique si on recrute ensuite le très efficace Galloway. Personne ne semble vraiment être assuré de ses minutes à Detroit et ça donne l’impression que la franchise navigue à vue. Et le cas Stanley Johnson n’a pas encore été abordé : l’ailier semble déterminé à faire oublier sa saison catastrophique mais SVG ne semblet pas forcément sur la même longueur d’onde. Les minutes coûteront chères cette année, beaucoup de pédagogie sera nécessaire pour tenir ce groupe. Groupe qui nous a pourtant montré son instabilité l'an dernier…


La possible bonne surprise :

Soyons optimiste un instant. Imaginons que Reggie Jackson retrouve son niveau de 2015, que le niveau défensif de Bradley contamine le reste de l'équipe, que Tobias devienne un All-Around player de talent. Malgré tout cela, l’avenir des Pistons restera embrumé sans le retour du vrai Andre Drummond. Denrée rare en NBA, les pivots dominants peuvent changer le visage d’une équipe et Drummond fait partie de ceux-là. S’il peut continuer ses chantiers au rebond (2eme meilleur rebondeur l'an dernier) sans que cela empiète sur ses efforts défensifs, Detroit aura une chance.
Il faudra aussi que Dre s'étoffe offensivement, qu'il pèse sur les raquettes adverses. Avec son opération des sinus et sa perte de poids, Andre Drummond a l’air d’avoir tout fait pour réaliser une bonne saison. Un Drummond en double double, qui passe quelques gros 20-20 et les Pistons seront en playoffs.


La probable déception :


Drummond classé en possible surprise, Jackson aurait pu être une probable déception. Mais je ne vais pas m’arrêter sur lui dans cette preview. Ma probable déception concernera donc Avery Bradley. Non pas le joueur évidemment, mais plutôt son futur à Detroit. Agent libre non restrictif l’an prochain, Avery Bradley pourra signer où bon lui semblera sans que les Pistons n’aient leur mot à dire. Toute l'année, Stan Van Gundy et toute l'organisation vont donc devoir séduire l’ancien Celtic, lui prouver que le projet de Detroit est le meilleur pour la suite de sa carrière.
Mais ne rêvons pas : Bradley est un profil rêvé pour un candidat au titre. La Free-agency 2018 risque d’être monstrueuse et des équipes comme Los Angeles ou le Heat par exemple voudront s’attacher les services d'un défenseur d’élite. Que ce soit pour un contender ambitieux, pour une franchise à qui il ne manque qu’une marche pour aller en Finale ou pour un gros marché, Avery Bradley trouvera probablement mieux que le projet de Detroit.


Le pronostic :

Comme je l'ai déjà, le résultat brut n’est pas le plus intéressant pour les Pistons. Si on associe la qualité de notre roster et l’exode des talents de la Conférence Est, les playoffs sont évidemment accessibles. Mais ce qui a fait mal aux fans de Detroit l’an dernier, c’est bien la mentalité des joueurs, le manque de combativité et le refus systématique de faire passer le collectif au premier plan. Le pronostic de la saison à venir dépend ainsi énormément du changement d’état d’esprit des hommes de Stan Van Gundy : si les “leaders” se remettent la tête à l’endroit et que l’intégration de Bradley se passe bien, Detroit peut se faire une place derrière le trio Cleveland-Boston-Washington.
En revanche si rien ne bouge et que la saison à venir ressemble à l’exercice précédent, il y a 9 à 10 équipes au dessus des Pistons, en y incluant les 76ers plus enthousiastes, des Nets plus revanchards ou des Knicks libérés de Carmelo. Les faignants de Detroit feraient bien de redevenir des cols bleus s’ils veulent offrir au public de la Little Caesars Arena des matchs de basket en Mai.

Bilan possible : 40-42, 8eme à l’Est.

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