Qui a encore envie de faire confiance à Andre Drummond ?

De All-Star à déception surpayée en une seule saison ratée, Andre Drummond vit un été difficile. Régulièrement cité comme contre-partie d'un éventuel trade, le pivot a une côte proche de zéro en NBA. Les petits reproches d'hier se sont transformés en virulentes critiques, jusqu'à se demander si Dre a encore sa place aux Pistons.

Andre Drummond | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

Avec la saison catastrophique vécue par les Pistons, il est légitime de chercher des responsables et celui qui a été prolongé au maximum tout en régressant dans tous les aspects du jeu fait un coupable idéal. Un temps loué pour son potentiel malgré certains défauts, Andre Drummond est la plus grande déception individuelle de la saison NBA écoulée. Pour avoir suivi les Pistons tout au long de leur 82 matchs, un constat saute aux yeux : il n'y a tellement peu de progrès dans le jeu de Drummond qu'on en vient à douter de son éthique de travail.

Ces doutes sur Andre ne datent pas d'hier. Depuis 3 ans, le pivot de Detroit est régulièrement moqué pour sa maladresse aux lancers-francs. Quand il signe son contrat à 150M/5 ans à l'été 2016, Drummond pèse un pénible 35% sur la ligne. Le pivot avait déjà assuré avoir bossé sur cet aspect de son jeu et promettait de corriger ça l'été à venir. Après toute sorte de teasing (technique de respiration, réalité virtuelle,...), Andre Drummond ne change finalement rien changé, augmentant ses chiffres de 3 petits pourcents (38%). Loin d’être anecdotique, cette stagnation aux lancers francs s'est finalement étendue à toute sa palette : aucun nouveau mouvement dos au panier, aucun petit shoot développé, toujours autant de fautes évitables... Une superstar NBA qui ne fait pas d'effort pour gommer un défaut comme celui-là, il faut s'appeler Shaq et assumer chaque soir ou se mettre enfin à bosser.

En exposant ainsi ses faiblesses, Andre Drummond a permis qu'on remette ses statistiques en doute. Des matchs en 20-20 ? D'abord Andre n'en a pas fait tant que ça cette saison et son nombre de rebond tient plus d'un refus de défendre que d'une vraie science du placement. Cette saison Drummond est devenu une caricature de lui-même, empilant sur certains matchs de grosses stats mais sans avoir aucun impact sur le long terme. Un match du pivot des Pistons peut prendre de multiples aspects : poser 20 pts-20 reb (rarement), vivre le match comme un fantôme en laissant son adversaire direct se régaler (souvent), jouer seulement 20 minutes à cause de fautes trop rapides (de plus en plus souvent). Detroit n'a jamais vraiment pu compter sur son homme fort cette saison, ce qui explique en partie son affreux bilan.

Des promesses en l'air et un manque de combativité

Andre Drummond | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

J'entends déjà certains dirent qu'Andre Drummond n'a que 23 ans et qu'il mérite une deuxième chance. Je suis d'accord si ça n’empêche pas un regard critique sur le pivot. N'oublions pas qu'à 23 ans, Andre Drummond a déjà disputé 5 saisons en NBA et que ses chiffres en 2016-2017 (13,6 pts, 13,8 reb) sont en tout point similaires à ceux de sa saison de sophomore en 2013-2014 (13,5 pts, 13,2 reb) ! Il est difficile de ne pas parler de régression à ce niveau, ou au moins de stagnation pour rester sympa. La 5eme saison d'un joueur NBA est normalement celle où un cap, quand il commence à bien comprendre les rouages de la Ligue et la façon dont le jeu évolue. Encore plus s'il signe d'un gros contrat qui doit donner beaucoup de confiance.

Si j'ai du mal à croire aux promesses de Drummond, c'est qu'elles sont aussi accompagnées d'une tonne d'excuses. Cette semaine, Drummond a parlé de la blessure de Reggie et de la nécessité de s'adapter avec Ish Smith pour justifier ses difficultés. S'il est évident que la connexion avec Jackson était un facteur important de la réussite de Dre, cette manière de chercher des raisons à ses échecs commence à entamer le capital sympathie du joueur. J'ai envie de faire ici un parallèle avec l'article écrit récemment sur Jason Maxiell, où j'expliquait que l'ancien Piston représentait la ville au niveau identitaire et qu'il méritait le respect pour cela. Andre Drummond a 1000 fois plus de talent que J-Max mais aujourd'hui son manque de combativité ne fait pas de lui le visage de la franchise, ou alors par défaut.

La question initiale était de savoir s'il faut encore faire confiance dans les dires d'Andre Drummond. Selon moi, la réponse est non même si j'aimerais avoir tort. Prenons la dernière déclaration en date du pivot :

Je ne vais plus jouer avec un filtre, je vais jouer le jeu que je dois jouer pour être excellent pour mon équipe. Je me sens en grande forme et je peux vraiment respirer. Je ne me fatigue pas aussi facilement et je dors mieux. Tout va mieux depuis que j'ai eu cette opération

Si je passe rapidement sur sa nouvelle excuse au sujet de sa respiration, le pivot semble montrer ici une volonté de faire mieux, faire plus, probablement d'être plus impliqué en attaque ("jouer sans filtre"). Va-t-il pour autant assurer de l'autre coté du terrain, devenir le protecteur de cercle qu'il doit être en défense ? En soi, jouer pour être excellent, c'est le minimum pour un joueur NBA. Doit-on comprendre que Drummond n'a pas fait tous les efforts possibles l'an passé ? Indéniablement mais on mettra ça sur le dos de sa respiration...

La nouvelle saison sera capitale pour les Pistons. Un retour en playoffs serait essentiel pour convaincre Avery Bradley de rester et pour enfin enclencher le projet de Stan Van Gundy. Est-ce que Drummond sera un acteur de ce retour au premier plan de Detroit ? Attendons de juger sur pièce et préparons nous à de nouvelles excuses si jamais les résultats ne sont pas ceux attendus.

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