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Malice at the Palace: Le plus gros “brawl” de l’histoire NBA

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Les patrons des franchises NBA ont tranché à l’unanimité : le déménagement des Pistons au centre-ville de Detroit, à la Little Caesars Arena est désormais approuvé. Si le retour des Pistons à Detroit est une excellente nouvelle pour le renouveau de la ville et son dynamisme, cela marque également la fin d’une époque : le Palace d’Auburn Hills. En plus d’avoir le nom le plus classe de la Ligue, cette salle restera mythique pour avoir été l’antre de deux générations de Bad Boys ayant secoués la NBA. Mais au-delà des succès et des bannières de champions, le Palace restera à jamais le théâtre de la bagarre la plus violente de l’histoire NBA.

 

Le contexte

19 novembre 2004, huitième match de la saison pour Detroit (4-3), alors champion en titre. Ce soir-là les Pistons étaient opposés aux Pacers d’Indiana (6-2) de Ron Artest et Jermaine O’Neal. Les deux équipes sont alors à l’époque, des têtes d’affiche de la conférence Est. C’est la première fois que ces deux équipes se rencontraient depuis la finale de conférence disputée six mois plus tôt et remportée par les Pistons (4-2). Il existait donc beaucoup de tension entre ces deux équipes très défensives et au style de jeu assez rude et la série de playoffs du mois de mai avait été la scène de nombreux trash-talking bien appuyés dans les deux camps. Impossible d’ailleurs d’oublier le fameux : « We will win game 2» prononcé par Rasheed Wallace au lendemain de la défaite de Detroit lors du game 1 dans l’Indiana.

Le genre de déclaration qu’il a fallu assumer deux jours plus tard lors du deuxième match dans un Conseco Fieldhouse chaud bouillant. Heureusement pour le Sheed et pour Motor City, Tayshaun Prince avait décidé ce soir-là de réaliser The Block, le plus gros contre de l’histoire NBA (oui, oui, LeBron) sur Reggie Miller afin d’empêcher le Pacer d’égaliser dans les derniers instants de la partie.

Derrière, Detroit dicta sa loi pour s’imposer en six matchs et remporter, 3 semaines plus tard, le troisième titre de son histoire.

The Block by Prince | PistonsFr, actualité des Detroit Pistons en France

 

Le match

Malgré le contexte, ce match sera finalement assez triste, notamment pour Detroit, puisque les Pacers ont rapidement pris les devants et créent un écart solide. Les Pistons resteront à une quinzaine de points d’Indiana durant la majeure partie du match et ne feront presque jamais illusion. Chez les Pacers, Ron Artest (24pts, 5rbs) et Jermaine O’Neal (20pts, 13rbs) portent leur équipe vers un succès de marque au Palace (97-82).

The Brawl

Alors que l’on se dirige tranquillement vers la fin de match, Ron Artest fait une faute assez rude sur Ben Wallace. D’après Big Ben, cette faute était préméditée puisque l’arrière des Pacers l’avait averti quelques minutes avant que ce coup arriverait. Énervé et frustré, Wallace répond en bousculant assez violemment Artest. S’ensuit une échauffourée brouillonne impliquant tous les joueurs des deux équipes à l’exception de Tayshaun Prince. Dans le lot, Stephen Jackson et Ben Wallace semblent passablement remontés et prêts à en découdre.

Pendant ce temps-là, Ron Artest se calme et s’allonge sur la table de marque en attendant que tout le monde ce calme.

Tout aurait pu (dû) rentrer dans l’ordre à ce moment, mais un spectateur du Palace décide de lancer un gobelet sur Artest: le Brawl commence vraiment. Ron Artest s’empresse alors de monter vers le public et charge Michael Ryan. Mauvaise pioche : le supporter lanceur de gobelet est en réalité John Green. Alors que plusieurs spectateurs s’interposent pour calmer Artest, Stephen Jackson en frappe un violemment.

À partir de ce moment-là, la situation n’est plus sous contrôle. Des fans apeurés descendent sur le terrain et d’autres altercations entre joueurs et supporters interviennent (notamment les Pacers Jermaine O’Neal et Anthony Johnson). Finalement, les joueurs des Pacers rejoignent les vestiaires accompagnés par de nombreux jets de boissons et de gobelets. Sans doute l’image la plus honteuse que le Palace ait pu donner.

Le match ne s’est donc jamais terminé et Indiana l’emporte 97-82, de manière anecdotique. D’ailleurs, on n’ose imaginer la tête que devait faire David Stern, alors commissioner de la NBA, car une précision importante doit être effectuée: le match fut diffusé sur ESPN, en antenne nationale.

 

Conséquences

A l’issue de cette soirée scandaleuse, les conséquences furent nombreuses. Tout d’abord, neufs joueurs ont été suspendus :

  • Ron Artest (Pacers) Toute la saison (86 matchs, playoffs inclus)
  • Stephen Jackson (Pacers) 30 matchs
  • Jermaine O’Neal (Pacers) 15 matchs
  • Anthony Johnson (Pacers) 5 matchs
  • Reggie Miller (Pistons) 1 match
  • Ben Wallace (Pistons) 6 matchs
  • Chauncey Billups (Pistons) 1 match
  • Derrick Coleman (Pistons) 1 match
  • Elden Campbell (Pistons) 1 match

Les spectateurs ayant été directement impliqués ont dû faire face à la justice. En plus d’amendes et de travaux communautaires, tous ont été bannis à vie du Palace d’Auburn Hills et il en sera de même de à la Little Ceasars Arena.

Suite au Brawl, la NBA a également décidé de prendre des mesures importantes à suivre pour toutes les salles de la Grande Ligue :

  • Diminution des tailles pour les boissons alcoolisées,
  • Limitation à deux boissons alcoolisées par spectateur,
  • Fin des ventes de boissons alcoolisées après le troisième quart-temps des matchs,
  • Mise en poste de trois employés de sécurité entre les joueurs et les spectateurs.

Enfin, sportivement, les Pacers ne se sont jamais vraiment remis de cette soirée. Les nombreux matchs de suspension ont empêché Indiana d’avoir de sérieuses ambitions lors de la saison 2004-2005. Sixième de la conférence Est, Indiana retrouve Detroit en demi-finale de conférence et les Pistons s’imposent en six matchs.  Detroit éliminera le Heat en finale de conférence et perdra en sept matchs les NBA Finals face aux Spurs de San Antonio.

S’il n’est pas un moment de fierté pour les Pistons de Detroit, Malice at the Palace reste un des événements les plus marquant de l’histoire du Palace d’Auburn Hills et de la NBA.