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Langston Galloway à Detroit : décryptage d’une signature pas si évidente

Samedi, les Pistons et Langston Galloway se sont entendus sur un contrat de 3 ans et 21M. L’ancien de New York et de Sacramento arrive dans le Michigan avec pas mal d’interrogation. En se penchant sur le joueur et son historique, voyons ce qu’il peut apporter à Detroit.

Si elle ne sera effective que le 6 Juillet, période de moratoire oblige, la signature de Langston Galloway aux Detroit Pistons ne fait plus de doute. Contrepartie du trade impliquant DeMarcus Cousins aux Pélicans, Galloway ne souhaitait pas rester chez les Kings la saison prochaine et a décliné ainsi sa player-option. Bonne pioche pour lui, avec ce contrat à 7M la saison par les Pistons.
Avec le joueur de 25 ans, les Pistons récupèrent un meneur qui entre dans les meilleures années de sa carrière et qui comble immédiatement quelques manques observés cette saison. En premier lieu, Galloway apporte numériquement une présence à l’arrière, dépeuplé depuis les départs consécutifs de Beno Udrih et Reggie Bullock. Poste 1 de formation, l’ancien Knick incarne parfaitement le terme de « combo-guard », capable de jouer sur les deux postes. Dès ces  premiers pas sous le jersey de la Motown, Galloway comblera aussi la lacune au shoot, particulièrement criante cette saison : les Pistons ont fini 28eme au % à 3-pts, terrible pour une équipe coachée par Stan Van Gundy. La saison dernière, Galloway lui, finissait à 39% de loin (120/308), ce qui aurait été un record dans le roster des Pistons (devant les 38% de Reggie Bullock). Il en a tenté 4 par match malgré un faible temps de jeu donc l’échantillon est plutôt convainquant. 
Offensivement Galloway a montré qu’il était bien plus qu’un spot-up shooteur. Utilisant parfaitement les écrans pour créer son tir, il est une vraie menace pour les défenses, un profil à la Reggie Jackson. Capable de sanctionner de loin après un dribble en P&R, il ne monopolise pas non plus la balle pour un meneur et sait se muer en catch-and-shooter très fiable. La saison dernière, Galloway a tiré à 42,2% avec 3,5 prises en catch-and-shoot, et à 41,6% à trois point sans dribble. Dans sa palette offensive, les capacités de shoot à 3-pts sont nombreuses qu’il s’agisse de pick&roll « small ball », de patienter dans le corner, ou de profiter des écrans des autres. En carrière, Langston Galloway affiche 37% du parking. Alors oui, ce n’est pas Steph Curry mais à Detroit, on appelle ça un sniper !

Un duo dynamique avec Ish Smith ?

Cette faculté à profiter des bons espaces et à ne pas trop garder la balle en main laisse entendre que Langston pourrait largement jouer poste 2 aux cotés d’Ish Smith. Capable de bien se déplacer pour trouver des shoots ouverts, son profil colle avec les capacités de passe de Smith. Un backcourt en sortie de banc Smith-Galloway aurait du sens : si le natif de la Louisiane peut jouer meneur,il n’est pas un grand passeur, avec seulement 2,2 ass en carrière. 
A côté de ça , Galloway peut se glorifier de perdre peu de ballon. Dans son jeu de passes, tout est simple et intelligent, vous ne trouverez pas de génie créatif chez lui. Il cherche spontanément le joueur démarqué, ou attaque la raquette grâce à ses qualités athlétiques pour délivrer une bonne passe. On pourrait donc évoluer avec Ish Smith pur créateur, et Galloway deuxième playmaker capable de finir ou de faire vivre le jeu. Athlétique, avec des pourcentages assez hauts pour être respecté par les défenses, Langston Galloway semble être le complément idéal d’Ish Smith.

Encore des doutes sur son rôle, des mouvements à prévoir

En jouant aux postes 1 et 2 (principalement à Detroit), Langston Galloway pourrait donner à SVG des choix multiples. Langston en meneur et KCP à l’arrière, Ish Smith en 1 et Galloway en 2, Galloway et Kennard ensemble, les possibilités ne manquent pas. Et l’arrivée de Langston Galloway devrait aussi plaire au public de la future Little Caesar Arena. Non drafté, il s’est battu pour s’imposer en NBA et mérite ce qui lui arrive. Cette combativité pourrait avoir un bel écho à Detroit et son profil de guerrier comblerait le manque laissé par Aron Baynes.
Le meneur/arrière arrive donc à Detroit avec des arguments à faire valoir. Mais comme dit en préambule, il reste pas mal de mystère autour de cette signature. Galloway a pas mal de points faibles, notamment sa petite taille qui pourrait lui coûter cher en défense sur les arrières un peu plus grands que lui. De même son contrat pose problème : 21M/3ans, c’est plus que les 18M sur la même période signés par Ish Smith il y a tout juste un an. Si le cap a certes augmenté, la dépense semble exagérée.
Stan Van Gundy n’a pas encore répondu aux questions sur ce recrutement (pas encore effectif officiellement) et devra vite explicité le rôle de Galloway : pas assez bon pour être 2eme meneur (si Reggie part), trop cher pour être 3eme PG, idéal pour être 2eme SG mais alors doit-on oublier Kennard comme on a oublié Ellenson ? Ce mouvement associé à la draft de Luke Kennard n’a rien d’évident, le jeune rookie venant juste d’arriver à l’arrière et semble avoir la confiance de SVG.
Stan Van Gundy avait posé les bases pour cette free-agency : prolonger KCP (pas fait), recruter un 3eme pivot (pas fait), recruter un 3eme meneur vétéran (pas fait). Au lieu de cela, le front-office signe un combo-guard de 25 ans avec un salaire correct, alors que l’argent manque. Ce mouvement signifie-t-il la non-prolongation de KCP ? Impensable, Galloway n’ayant de toute façon pas le profil d’un starter… Langston Galloway sera un atout pour les Pistons la saison prochaine : bon shooteur, capable d’être un élément efficace en sortie de banc et possible future coqueluche du public. Mais en l’état son arrivée pose énormément de questions et entraînera forcement d’autres mouvements.