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Avery Bradley transféré à Detroit : les conséquences pour les Pistons

Depuis vendredi soir, Avery Bradley est un joueur des Detroit Pistons. Après la bombe balancée par Adrian Wojnarowski, l’officialisation du trade a achevée cette journée folle. 48h après les événements, revenons sur ce mouvement qui met un gros coup de pression à l’équipe coachée par Stan Van Gundy.
Avery Bradley aux Pistons | PistonsFR, actualité de Detroit en NBA en France

Pourquoi Avery Bradley  a-t-il atterri à Detroit ?

Si on reprend l’affaire depuis le départ, l’arrivée d’Avery Bradley à Detroit n’est pas dû au hasard. Depuis que Gordon Hayward a choisi l’offre de 128M sur 4 ans des Celtics, Boston cherche à faire de la place rapidement pour accueillir son nouveau joueur. Marcus Smart, Jae Crowder ou Avery Bradley étaient les candidats le plus souvent cités au départ. Les 29 autres franchises NBA ont évidemment sauté sur l’occasion, les offres de trade affluant probablement par dizaines sur le bureau de Danny Ainge. 
Dans le même temps, Stan Van Gundy essayait de s’entendre avec Kentavious Caldwell-Pope et son entourage au sujet d’une prolongation de contrat. D’après certains insiders, les Pistons auraient proposé jusqu’à 16M la saison, somme jugée insuffisante par la partie du joueur. Si le contrat max demandé par KCP semblait déjà un peu trop exagéré, il semble que les exigences de KCP aient poussé le staff à bout, qui a donc cherché un plan de secours.
Le front-office a cette fois été réactif pour profiter de l’opportunité présente. Les Celtics souhaitaient faire de la place dans leur salary-cap et les Pistons voulaient un arrière pour combler le manque laissé par KCP. A la manière de ce qu’il avait fait pour Reggie Jackson, en froid avec le Thunder, Stan Van Gundy, en bon observateur de la NBA, a conclu ce trade gagnant-gagnant d’une main de maître.

Avery Bradley, l’affaire en or pour les Pistons

Avery Bradley aux Pistons | PistonsFR, actualité de Detroit en NBA en France
Les Pistons ont donc envoyé Marcus Morris et son salaire hyper compétitif à Boston contre Avery Bradley et un second tour de draft 2019. Avec Bradley, Detroit passe dans une autre dimension. Titulaire indiscutable avec Boston qui finit champion de la Conférence Est, Bradley est unanimement reconnu (sauf peut-être par Chris Broussard) comme un des meilleurs défenseurs de la NBA. All-Defensive First Team en 2016, Bradley aurait dû l’être cette année aussi et globalement on est face à un joueur qui vise le DPOY chaque année. De quoi rappeler de bons souvenirs du coté de Detroit.
Chez les Celtics, Avery a réalisé une grosse saison où il a progressé dans tous les compartiments du jeu. Encore une fois un peu trop blessé, il a malgré tout amélioré sa moyenne aux points, aux passes et a surtout doublé sa moyenne au rebond. En playoffs, ces chiffres n’ont pas bougé, prouvant la régularité d’un joueur qui n’a que 26 ans.
Défenseur dans les stats, ce qui surprend quand on visionne plusieurs matchs de Bradley, c’est surtout sa mentalité de pitbull qui ne lâche rien. Ce type de comportement va surement choquer dans le vestiaire des Pistons où le mot « ténacité » a été banni depuis plus d’un an. La bonne surprise serait de voir le comportement de Bradley être contagieux : Andre Drummond devenant de plus en plus soft pourrait se réveiller avec Bradley à ses cotés. Plus globalement Avery Bradley incarne bien la ville de Detroit : col-bleu, travailleur, qui ne laisse pas de place pour l’égo, l’ancien Celtic devrait plaire à la Little Caesar Arena. J’avais fait une remarque similaire lors de la signature de Langston Galloway et depuis, je me met à imaginer les ravages que pourrait faire ce backcourt…
Enfin parlons un peu des qualités offensives de Bradley. Immédiatement il devient le meilleur shooteur des Pistons, en attendant de voir ce que Kennard va faire de sa saison rookie. Avec 39% l’an dernier de loin (5 tentatives par matchs), Bradley fait mieux que KCP (35%). Offensivement fiable, l’ancien C’s fait preuve d’une belle sélection de shoot, totalement capable de s’effacer au profil d’Isaiah Thomas l’an dernier. Avec KCP parti, Detroit aura besoin de jeu offensif et Avery pourrait exploser à ce niveau.


Une transaction risquée pour Stan Van Gundy

Avery Bradley aux Pistons | PistonsFR, actualité de Detroit en NBA en France
Pour accueillir Gordon Hayward, les Celtics ont du faire de la place. Mais ce constat s’impose aussi aux Detroit Pistons. Si Marcus Morris est parti pour équilibrer le trade, la différence de salaire a obligé les Pistons à renoncer à KCP, tout en actant le départ de Bayne (qui avait de toute façon décliné sa player-option). Pour accueillir Bradley, Detroit a donc payé plutôt cher. 
Le coût du trade s’amplifie quand on constate qu’il ne reste plus qu’une année de contrat à Avery Bradley. L’an prochain, la nouvelle recrue sera free-agent non-protégé et pourra partir vers n’importe quel autre projet NBA plus viable que celui de la Motown. Le compte à rebours est déjà enclenché et les Pistons vont devoir faire vite. Tout d’un coup, la saison à venir prend une importance capitale : il faudra absolument gagner pour prouver à Bradley qu’il a un avenir à Detroit. Avec le roster en l’état, cela semble être mission impossible : Stan Van Gundy aura besoin d’un meneur de haut niveau par exemple. Un trade donc, sauf si on retrouve le Jackson sauce 2015-2016.
Avec Bradley, Detroit renforce ce qui était déjà son meilleur poste quand KCP l’occupait. Si les chantiers étaient attendus au poste de pivot ou à la mène, Stan Van Gundy a clairement fait le choix de la stabilité. Le recrutement de Galloway allait déjà en ce sens mais cette fois-ci peu de place pour le doute : le head-coach des Pistons croit vraiment aux retours de Jackson et Drummond. Si les deux joueurs retrouvent leur niveau respectif, Detroit pourrait tenir un « Big Three » avec un pivot dominant, un meneur scoreur et un spécialiste défensif. L’idée a du sens et SVG la défend depuis longtemps, refusant de céder ses joueurs et les protégeant à chaque occasion. Maintenant le scénario du pire est bien plus probable : Jackson ne redevient jamais le joueur qu’il était mais continue de croire qu’il est une star, Drummond régresse de nouveau et Bradley se barre dès que possible. Il faudra attendre le début de la saison régulière pour savoir si les Pistons ont fait une bonne opération.