Bilan de la saison 2017 des Pistons : Classement frustrant et comportement détestable

Alors que nos collègues s'écharpent en playoffs, nous les fans des Detroit Pistons en France sommes désormais en vacances. Ce repos forcé permet au moins de faire le bilan complet de la saison NBA 2016-2017 de notre équipe. Vu les performances désastreuses auxquelles on a assisté, l'exercice risque d’être difficile. 

Bilan de la saison 2016-2017 | PistonsFR, actualité des Detroit Pistons en France

La situation avant la saison : les playoffs comme objectif

La saison NBA 2015-2016 restera dans les mémoires comme celle qui a permis aux Pistons de retrouver les playoffs après une disette de 7 ans. La bande à Stan Van Gundy connaîtra certes un coup de balai contre les Cavaliers mais l'impression laissée était excellente. L'été poursuivait cette belle dynamique, les Pistons sécurisant le contrat de Drummond dès l'ouverture de la free-agency et recrutant intelligemment (Leuer, Smith, Marjanovic). Même la draft avait souri aux Pistons avec le pick d’Ellenson, relativement inespéré.

Malheureusement le début du training camp s'accompagnait d'une mauvaise nouvelle : Reggie Jackson, à cause d'un genou douloureux, déclarait forfait pour au moins les 20 premiers matchs de la saison régulière. Alors que les Pistons s'étaient construits autour du duo Drummond-Jackson, l'absence du meneur allait servir de révélateur pour cette équipe. 


La saison 2016-2017 : un long calvaire 

En 2016, Detroit a fini à la 8eme place de la Conférence Est avec un bilan de 44 victoires pour 38 défaites. Alors que l'effectif n'a connu aucune perte majeure et que le noyau dur, composé de jeunes joueurs en pleine progression, avait un an de vécu NBA supplémentaire, tous les voyants étaient au vert chez les Pistons. 

Alors que les joueurs s'étaient unis derrière Jackson pour accéder aux playoffs en 2016, sa blessure a fini par faire exploser le vestiaire. Sans surprise, Ish Smith a eu du mal à assurer l'intérim et le reste des titulaires n'ont pas élevé leur niveau de jeu. Sur les mois d’Octobre et de Novembre, les Pistons ont fait preuve d’une grande irrégularité même si Smith a finalement rendu les clés de l’équipe à Jackson avec un bilan positif (11-10). 

Mais c'est au retour du meneur que nous avons pu comprendre à quel point la torture serait longue: revenu un soir de défaite contre Orlando directement dans le 5, Jackson n'a jamais retrouvé son niveau de 2016. Incapable de faire des concessions et de s’adapter, devenant même l’objet d’une réunion de protestation des autres joueurs, Jax, vétéran supposé de l’équipe, a entraîné tout le monde dans son sillage. L’exemple le plus flagrant reste Andre Drummond qui sortait d'une campagne de All Star et qui a incarné toute la saison les difficultés des Pistons : incapable de peser sur les rencontres, le pivot est resté passif pendant 82 matchs, semblant peu préoccupé par la situation. En pleine régression, Drummond n'a pas non plus tenu sa promesse de s'améliorer aux lancers-francs, malgré un début convainquant. 

Les mois difficiles se sont succédé, la longue glissade au classement étant seulement ralentie en février, quand à la faveur de 5 victoires en 7 matchs, on a bien cru en la qualification pour les playoffs. Mais ces Pistons-là, s’ils ne manquent pas de talent, manquent de solidarité et ont craqué logiquement  dans le money time, après une série de défaite qui les a définitivement éjecté du Top 8 à l'Est. Avec 37 défaites pour 45 victoires et une 10ème place, Detroit a reculé au classement et montré des signes inquiétants de régression. 


La bonne surprise : Tobias Harris, trop rapidement mis de coté


Stan Van Gundy, rapidement paniqué par la situation de l’équipe suite au retour de Jackson, a tenté plusieurs ajustements pour sortir la tête de l’eau. Si la raison appelait à remettre Ish Smith (et ainsi ré-intégrer Jackson plus sereinement), voire de se passer de Drummond pour quelques matchs, SVG a choisi d’écarter Tobias Harris pour Jon Leuer. Le mouvement avait du sens, mais le coach des Pistons s’est en réalité privé de son meilleur joueur.

Dans cette saison compliquée, l’ancien d’Orlando a prouvé qu’on pouvait compter sur lui. Excellent dans son profil de 6eme homme, il a malheureusement été sous-utilisé par Van Gundy. Piston le plus adroit et le plus efficace, Tobias Harris fut le métronome de l’équipe. Invaincu lors des matchs où Harris a un différentiel positif, Detroit a également un bilan positif lorsque l’ailier est impliqué en attaque (9-5 il prend au moins 16 shoots, 13-16 entre 12 et 15 tirs et 6-9 moins de 12 tirs). Tobias Harris a ainsi réintégré le starting-five en fin de saison mais malheureusement trop tard pour accrocher les playoffs.


La grande déception : une équipe sans âme

Incriminer un seul joueur serait injuste et trop compliqué vu toutes les déceptions de cette saison. Blâmer Stan Van Gundy serait réducteur, même si le coach a souvent semblé désemparé. Non la vraie déception de la saison restera le manque de solidarité de cette équipe. Le mot “équipe” semble d’ailleurs mal employé tant l’effectif ressemble plus à une bande d'individualité qu’à un groupe cohérent. Pas de star capable de prendre le jeu à son compte, pas de leader vocal pour réveiller les dormeurs, pas de travailleur de l’ombre, prêt à faire le sale boulot.

Cette saison, Drummond s’est plaint d’une baisse des systèmes de Pick&Roll, les shooteurs se sont plaints de moins avoir la balle au retour de Reggie, Reggie s’est plaint d’être pris pour cible au point d’enclencher un gréve du shoot, KCP attend son gros contrat, Stanley Johnson ne s'entraîne pas durement et Stan Van Gundy ne s’est jamais remis en question.
Le guerrier Morris s’est contenté, lui, du minimum mais n’a au moins pas contribué au désordre tandis que les remplaçants ont joué leur rôle, ni plus, ni moins. La cohésion d’équipe sera un point capital à aborder cet été.


L'été a venir : une obligation de mouvement


Les dernières déclarations de Van Gundy vont dans le sens du statu-quo : le coach des Detroit Pistons a par exemple affirmé que Reggie Jackson reviendra plus fort et que Drummond avait encore un potentiel exceptionnel. Au sortir d’une saison si catastrophique, ce n’est les mots qu’on imaginait entendre de la bouche de SVG. Le binôme Drummond-Jackson n’a pas fonctionné cette saison et l’impression laissée par les dernières rencontres n’incite pas à l’optimisme. Le meneur doit obligatoirement faire ses valises et quitter cet effectif qu’il ne valorise pas.

Beaucoup de fans critiquent, à juste titre, les positions de Van Gundy cette saison et appellent à son départ. Si le coach des Pistons a effectivement semblé perdu à de nombreuses reprises en 2016-2017, il dispose d’un statut particulier en NBA qui le protège : il n’est pas simplement coach mais aussi président des opérations basket. Et donc virtuellement intouchable. Soutenu par le propriétaire Tom Gores, Van Gundy ne quittera les Pistons que de son propre chef, ce qui semble impensable aujourd’hui.

Mais alors que l’équipe prépare son déménagement en centre-ville, à la Little Caesar Arena, la marque “Detroit Pistons” a besoin de tête d’affiche. Sans star à la Harden, Westbrook ou Curry, sans effectif prometteur à la Wolves ou Pelicans, sans attrait pour la ville à la Los Angeles ou New-York, les Pistons ne disposent pas de grand argument pour rebondir après cette saison compliquée. Pour toutes ces raisons, il est certain que personne n’est intouchable dans cet effectif et que le font-office sera à l’écoute de toutes les offres. Une fois la draft passée, l’été sera animé dans la Motown.

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